A Dijon, la sobriété heureuse des livreurs à vélo

Durée de lecture : 3 minutes

23 mars 2015 / Jennifer Léonie Bellay



Dimitri et Adrien sont de jeunes passionnés de cyclisme et viennent de créer à Dijon leur entreprise de livraison de colis à vélo. En plus de proposer une alternative au tout-voiture, ils défendent une « altermobilité » animée par le plaisir et la liberté, et s’inscrivant dans une forme de « sobriété heureuse ».

- Dijon, correspondance

C’est dans le cadre de course urbaine d’orientation que Dimitri (Normand d’origine) et Adrien (natif de Dijon) se sont rencontrés, en 2013, à Dijon. Dimitri (ancien étudiant en informatique) s’était installé sur Dijon avec sa compagne dans le cadre de la poursuite de ses études universitaires.

Fort de ses quatre années d’expériences en tant que livreur à vélo, lorsqu’il résidait sur Strasbourg, Dimitri avait toutes les cordes à son arc pour mûrir ce projet sur le dijonnais. C’est à ce moment là qu’Adrien l’a rejoint, alors cordiste en Franche Comté.

Alternative au tout-voiture

Septembre 2014, ils ont créé « TransMoutardeExpress » une entreprise de livraison à vélo. Leurs motivations sont simples : allier la passion du vélo à la livraison de colis pour proposer une alternative au « tout voiture » qui s’impose comme outil de travail « responsable de la pollution » et « des émissions de gaz à effet de serre en ville ». En ce qui concerne l’écologie et le transport, pour eux, la solution « ne se trouve pas dans la voiture électrique ».

« Le transport de colis à vélo promeut une autre forme de mobilité social, souple, rapide, valorisante pour la société et au sein des villes ». Ils ont créé leur entreprise en sollicitant le Pôle d’Économie Solidaire de Côte d’Or. Ils ont été reçus « par un bénévole qui a validé le projet » puis, un chargé d’accompagnement a travaillé avec eux pour la « réalisation concrète ».

La dernière étape étant celle du financement participatif via la plate forme Graines de Start. L’objectif « était de récolter de l’argent pour la création de l’entreprise, soit 1 500
euros »
. En quelques 60 jours, 58 personnes ont effectué des dons. Ils ont récolté au total 3 900 euros ! Sur le long terme, ils souhaitent se développer en SCOP (société coopérative et participative) en proposant à l’aide de vélos cargos d’effectuer des déménagements d’un point à un autre de la ville.

Altermobilité

Adrien et Dimitri se déplacent exclusivement en vélo et revendiquent cette altermobilité, une forme de « sobriété heureuse ». Le vélo est « un moyen de transport à part entière », respectueux des écosystèmes et qui permet face à « l’isolement de la voiture », à son « cloisonnement », d’évoluer, d’être en « adéquation » permanente avec le monde « tout en s’entretenant physiquement ».

Comme ils me le font remarquer, « on nous enseigne dés notre plus jeune âge à faire du vélo ». « Il y a toute une forme de pédagogie autour de cela, de plaisir et de liberté, alors que la voiture, la conduite, le fait d’être coincé dans un embouteillage provoque énervement, irritation, on ne ressent pas cela en vélo ». « De plus, la voiture est
une forme de barrière avec l’autre ».

Enfin, « faire du vélo » en ville implique un savoir faire. Un des constats qu’ils dressent, c’est qu’il y a une forme de culpabilité du cycliste vis-à-vis de l’automobiliste, le cycliste va « serrer le trottoir » quand une voiture arrive à sa hauteur comme « s’il dérangeait » l’automobiliste.

Quid de l’aménagement en ville de pistes cyclables ? « En plus d’être tardives », elles sont « mal pensées, car le trottoir est pour les piétons et non pour les vélos, car nous roulons plus vite ».

Adrien et Dimitri, sont investis auprès d’ associations d’auto-réparation de vélo comme celui de La Rustine ou La Bécane à jules sur Dijon. Ce sont « des lieux d’éducation populaire conviviaux » où l’image du « client » disparaît puisque « l’on répare son vélo avec quelqu’un ». Dimitri et Adrien participeront au village Alternatiba de Dijon ainsi qu’a la « Fête du vélo de Quétigny » afin de promouvoir une autre forme de mobilité sociale alliant travail et plaisir.


- Pour les contacter : [email protected]





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Source et photos : Courriel à Reporterre de Jennifer Léonie Bellay

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