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Transports

Air France devra réduire « drastiquement » ses vols en cas d’alternative ferroviaire

Air France va devoir réduire « drastiquement » ses vols intérieurs sur les trajets où une alternative ferroviaire existe, condition sine qua non à l’aide de l’État français, a annoncé mercredi 30 avril le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire à l’Assemblée nationale. « Dès lors qu’il y a une alternative ferroviaire à des vols intérieurs avec une durée de moins de 2h30, ces vols intérieurs devront être drastiquement réduits et limités simplement aux transferts vers un hub », a-t-il déclaré.

La réduction des vols intérieurs en cas d’alternative ferroviaire fait partie d’un ensemble de contreparties à l’aide accordée par l’État à la compagnie aérienne. Des contreparties considérées comme insuffisantes et pas assez contraignantes pour les organisations écologiques.

Air France-KLM a annoncé vendredi 24 avril avoir obtenu une aide de 7 milliards d’euros de la part de la France pour faire face à la quasi-paralysie du trafic aérien mondial provoquée par la pandémie de nouveau coronavirus. Ce soutien se décompose en un prêt de 4 milliards octroyé par un syndicat de six banques, garanti par l’État français à hauteur de 90 %, et par un prêt direct de 3 milliards de l’État français.

  • Source : Le Figaro avec Reuters

  • Notre info du Lundi 27 avril 2020 :

Air France empoche 7 milliards d’euros d’aides sans gage environnemental

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé, vendredi 24 avril, des prêts destinés à aider Air France. La compagnie aérienne va recevoir 4 milliards d’euros de prêt bancaire garantis par l’État, et 3 milliards d’euros directement fournis par l’État. Le gouvernement néerlandais a prévu pour sa part de fournir une aide d’urgence de 2 à 4 milliards d’euros.

M. Le Maire a assuré que ces prêts n’étaient pas « un chèque en blanc » : « Nous avons fixé des conditions, a-t-il déclaré le 24 avril sur TF1. Le groupe devra à nouveau être compétitif et surtout devenir la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement de la planète. »

L’État a ainsi demandé à Air France de restructurer son réseau, notamment les liaisons nationales, de renouveler une partie de sa flotte et d’améliorer la compétitivité. En revanche, Air France n’a pas eu à donner de nouveaux gages en matière environnementale.

En guise d’engagement écologique, le gouvernement a demandé à Air France de s’engager à utiliser davantage de biocarburants comme l’a annoncé Élisabeth Borne, lundi 27 avril, sur Europe 1. Or, qui dit biocarburant dit huile de palme ou de soja. « L’utilisation croissante de biocarburants à base d’huile de palme et de soja, notamment dans le secteur de l’aviation, conduirait à la destruction de 7 millions d’hectares de forêts tropicales à l’horizon 2030 », a prévenu l’association Canopée dans un communiqué.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes de Canopée et porte-parole forêt des Amis de la Terre France, « le plan de sauvetage d’Air France est en train de se doubler d’un plan de disparition accélérée des forêts tropicales ». Pour Cécile Marchand, des Amis de la Terre, « la seule solution viable pour décarboner le trafic aérien c’est de réduire le trafic. Les conditions aux aides de l’État à Air France doivent permettre d’organiser une réduction ordonnée de ce trafic aérien socialement juste pour les salariés du secteur, et non promouvoir les fausses solutions ».

Dans un entretien accordé aux Échos samedi 25 avril, le directeur général d’Air France-KLM, Benjamin Smith, a souligné que la compagnie avait déjà « l’ambition de réduire de 50 % ses émissions de CO2 à l’horizon 2030 ». Le directeur général a par ailleurs évoqué « des plans de départs volontaires ».

Sur Twitter, Clément Sénéchal, de Greenpeace, a fustigé ces aides accordées sans contrepartie : « D’abord 6 milliards, puis 7, puis 10, maintenant 12 au moins : Air France pioche allègrement dans la poche du contribuable, sans la moindre contrepartie environnementale », a-t-il tweeté, tout en rappelant ironiquement que « pendant ce temps-là, le gouvernement le plus respectueux de l’environnement de la planète envisage de reporter un certains nombre de travaux dans le ferroviaire. Priorité au kérosène écologique. »

Air France a annoncé dimanche 26 avril la reprise de ses vols domestiques à partir du 11 mai 2020, date de début du déconfinement dans l’Hexagone. Ce redémarrage sera apparemment très progressif, et initialement limité à Bordeaux, Brest et Montpellier. Sur le long courrier, cinq destinations africaines devraient être relancées à la mi-juin.

  • Source : Reporterre

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