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Covid-19

Amazon mis en demeure par l’Inspection du travail

Ce 6 avril, Amazon a été mis en demeure par l’inspection du travail qui exige que le géant américain améliore la sécurité de ses salariés pendant la période de Covid-19 sur quatre sites en France. La multinationale a l’obligation, avant mardi 7 avril au matin, de prendre toutes les mesures pour protéger les salariés sur quatre sites.

En mars, Reporterre avait raconté comment la crise sanitaire et le confinement profitaient largement au géant du commerce électronique, qui entend se rendre incontournable aux yeux des États.

Après des opérations de contrôle effectuées par les services de l’inspection du travail, en fin de semaine dernière, sur les établissements de Brétigny-sur-Orge, Lanwin-Planque, Sevrais et Saran, « Amazon s’est vu reprocher par l’administration une insuffisance de moyens pour permettre de limiter l’exposition des salariés aux risques de contamination au Covid-19 », a expliqué la CGT dans un communiqué.

Dans une mise en demeure envoyée à la direction d’Amazon de Brétigny, l’inspection du travail a relevé des dysfonctionnements entraînant des risques de contagion et un manque de maîtrise approprié à ces risques :

  • Absence de gel hydroalcoolique aux portiques d’entrée et de sortie de l’établissement.
  • Manque d’organisation garantissant la désinfection des postes de travail.
  • Manque d’information et de communication vers les salariés.
  • Non-respect des mesures de distanciation.

« Près de 3.000 personnes travaillent dans la promiscuité, sans masque, sans gel hydroalcoolique

À Saran, près d’Orléans, où plusieurs cas de contamination ont été identifiés et de nombreux salariés mis en confinement, « les mesures de distanciation sociale d’un mètre ne sont pas respectées et les tourniquets à l’entrée du site ne sont pas désinfectés », a rapporté la CGT. À Lauwin-Planque, près de Douai, « près de 3.000 personnes, parmi eux des centaines d’intérimaires, travaillent dans la promiscuité, sans masque, sans gel hydroalcoolique, et sans pouvoir respecter les mesures de distanciation, d’un mètre minimum, dans les allées étroites de l’entrepôt ». L’Union Locale CGT de Douai a déposé plainte contre X, le 31 mars pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui » à Lauwin-Planque, l’enquête pouvant être amenée à révéler « violence involontaire ou homicide involontaire ».

Les salariés intérimaires seraient particulièrement exposés. Ainsi, la CGT Adecco (du nom d’une des principales entreprises de travail intérimaire, basée en Suisse), les représentants syndicaux « ont envoyé à leur direction, le 1er avril, un droit d’alerte pour danger grave et imminent après la confirmation de cas graves de contamination sur le site de Brétigny (un salarié dans le coma) ». Mais la direction d’Adecco aurait, selon la CGT, botté en touche : « Adecco privilégie son business aux dépens de la santé des intérimaires, a dénoncé le syndicat. Amazon est un marché juteux, représentant 5.000 emplois temps plein lissé sur l’année pour la firme suisse, et pas mal de dividendes pour les actionnaires zurichois. »

Pour la CGT Intérim, « Amazon doit payer les salariés qui ne veulent pas travailler parce qu’ils s’estiment en danger ». Le syndicat a également exigé « que tous les salarié-e-s intérimaires, contaminés au Covid-19 ou mis en confinement soient considérés comme victimes d’accidents du travail. »

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