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Reportage — Présidentielle

Annie Ernaux, Barbara Stiegler et Aurélie Trouvé rejoignent Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon le 5 décembre 2021 à Paris.

En meeting à Paris le 5 décembre, Jean-Luc Mélenchon a présenté son parlement de l’Union populaire. Cette structure présidée par Aurélie Trouvé doit fournir au candidat insoumis des propositions et conseils stratégiques provenant de la société civile engagée.

La Défense (Paris), reportage

« Voilà la France qui flamboie, crée, ouvre les chemins » : c’est un Jean-Luc Mélenchon enthousiaste qui a ainsi décrit, dimanche 5 décembre, le parlement de l’Union populaire, inauguré ce jour-là à l’occasion d’un meeting donné à La Défense, à Paris. Mais en quoi consiste ce « parlement de campagne », qui a vocation à grandir dans les prochains mois ?

Militants associatifs et des quartiers populaires, intellectuels, artistes, syndicalistes… Deux cents personnes font partie de cette instance, la moitié d’entre elles n’étant pas membre de La France insoumise (LFI). On y retrouve ainsi des figures du mouvement — les parlementaires Alexis Corbière, Danièle Obono, Clémentine Autain…— mais aussi des personnalités extérieures : l’écrivaine Annie Ernaux, dont l’intervention audio a été acclamée lors du meeting, la philosophe Barbara Stiegler, l’ancien syndicaliste CGT et désormais comédien Xavier Mathieu, l’artiste Sylvie Glissant, et aussi.... le père de la ministre Marlène Schiappa, Jean-Marc Schiappa. Aurélie Trouvé, ex-porte-parole de l’association altermondialiste Attac, en est la présidente.

« C’est un outil politique au service de la campagne. »

Une fois par mois, Jean-Luc Mélenchon consultera cette structure dont l’ambition est de « représenter toute la diversité du peuple de France ». Une façon pour le candidat à l’élection présidentielle de bénéficier des compétences et points de vue de ces personnalités, comme l’explique à Reporterre Thomas Portes, ex-porte parole de Sandrine Rousseau durant la primaire écologiste. « C’est un outil politique au service de la campagne », ajoute celui qui vient lui-même de rejoindre ce parlement et d’apporter son soutien au candidat insoumis. Propositions, conseils stratégiques, auditions de collectifs, « travail d’éducation populaire »… Voilà ce sur quoi les membres de cette Union populaire vont plancher dans les prochaines semaines.

La députée européenne Manon Aubry, vice-présidente de cet organe au même titre que le député LFI Eric Coquerel et le maire PCF de Stains Azzédine Taïbi, a notamment pris la parole devant les quelque 5 000 personnes (chiffre annoncé par les organisateurs) présentes à l’intérieur et à l’extérieur de la salle : « Nous avons fait le choix ces cinq dernières années d’accompagner les mobilisations sociales : Gilets jaunes, mouvements dans les hôpitaux ou à l’école, marches pour le climat, manifestations féministes ou contre les violences policières. Le pari que nous faisons demain avec ce parlement est de leur donner une traduction politique pour qu’en avril 2022, ce soit eux qui prennent le pouvoir. »

Unir la base plutôt que la gauche

« Ce parlement, qui est une véritable innovation démocratique, est un pari, un Ovni. On veut redonner du sens à la politique au sens noble du terme : la politique en tant que vie de la cité », a déclaré de son côté Aurélie Trouvé, pointant la nécessité de « changer le système » ainsi que « l’urgence » de lutter contre la droite et l’extrême droite — au même moment, Eric Zemmour donnait un meeting à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Jean-Luc Mélenchon, qui a déclaré que « la France, ça n’est pas l’extrême droite, c’est la Sécurité sociale, la santé publique, l’émancipation, l’école, la recherche, le partage », est crédité de 10 % d’intentions de votes dans les sondages, devant Yannick Jadot (EELV, 7 à 8 %) ou encore Anne Hidalgo (PS, 5 %). À l’heure où un rapprochement avec ces candidats de gauche semble très peu probable, le député des Bouches-du-Rhône a ainsi affirmé qu’à défaut de « faire l’union au sommet avec un programme commun », il était possible de faire « l’union à la base avec un programme commun », le parlement de l’Union populaire s’inscrivant dans cette démarche.

Pour Catherine, une bénévole insoumise de 60 ans rencontrée à la fin du meeting, cette structure permet en outre d’être cohérents avec leur volonté d’instaurer une VIᵉ République, mais aussi, au regard des critiques ayant touché le mouvement à ce propos, « d’aller au-delà de la personne de Jean-Luc Mélenchon, la présidentielle reposant surtout sur un programme ».

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