Architecture, agriculture... Un rapport d’expertise conseille à l’État d’anticiper les +4 °C
Des mesures d'anticipation sont prônées, à commencer par les choix architecturaux adaptés pour des bâtiments confortables lors des canicules, ou encore la généralisation de l’agroécologie. - Flickr / CC BY-NC-SA 2.0 Deed / Michèle Turbin
Des mesures d'anticipation sont prônées, à commencer par les choix architecturaux adaptés pour des bâtiments confortables lors des canicules, ou encore la généralisation de l’agroécologie. - Flickr / CC BY-NC-SA 2.0 Deed / Michèle Turbin
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Échec d’une ambitieuse mission. Le 5 avril, l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) a remis au ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, des estimations attendues : le coût de l’adaptation à une France à +4 °C. Au crépuscule d’un an de travail, les experts ont malheureusement confessé leur incapacité à établir un chiffre précis.
Les auteurs s’accordent toutefois sur la nécessité de construire dès à présent une politique d’adaptation plus ambitieuse et structurelle. Si réagir et réparer peut parfois sembler plus simple qu’anticiper, les dépenses publiques liées aux décisions prises en urgence ne cessent d’augmenter. Elles s’élèvent déjà à plusieurs milliards d’euros par an, et perdront bientôt leur caractère exceptionnel, sous l’effet de l’intensification du changement climatique.
L’augmentation de ces dépenses « accentueront la pression sur les responsables et les budgets publics parfois au détriment d’autres priorités », note le rapport. Les investissements dans l’amélioration des transports se transforment par exemple en réparation d’infrastructures touchées par un aléa climatique. Les crises agricoles plombent les trésoreries des exploitations et retardent ainsi la transition agricole.
Des options d’anticipation ont déjà été identifiées, et mériteraient selon les experts d’être mieux déployées. À commencer par les choix architecturaux adaptés pour des bâtiments confortables lors des canicules, sans recours à la climatique, ou encore la généralisation de l’agroécologie. « La mise en œuvre de ces stratégies pourrait représenter plusieurs milliards d’euros par an pour l’ensemble des acteurs », estiment les auteurs. Et d’ajouter que, pour assurer la meilleure efficacité et distribution des dépenses, « l’adaptation doit être intégrée aux démarches existantes de planification ».