Au Royaume-Uni, la droite pense à sortir de l’Accord de Paris sur le climat
L'objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050 serait un choix «arbitraire» qui n'est «pas fondé sur la science», a prétendu, à tort, le député conservateur Andrew Bowie. - Young Shih / Unsplash
L'objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050 serait un choix «arbitraire» qui n'est «pas fondé sur la science», a prétendu, à tort, le député conservateur Andrew Bowie. - Young Shih / Unsplash
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Si Kemi Badenoch, la cheffe du parti conservateur du Royaume-Uni, arrivait au pouvoir, elle pourrait sortir son pays de l’accord de Paris sur le climat. C’est un autre membre éminent de la droite britannique, Andrew Bowie, qui l’a affirmé le 13 mai dans le journal The Guardian. L’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050 serait un choix « arbitraire » qui n’est « pas fondé sur la science », a aussi prétendu Andrew Bowie.
Ce député conservateur est actuellement secrétaire d’État à l’Énergie au sein du « cabinet fantôme », ce gouvernement virtuel formé par les principaux membres de l’opposition au Royaume-Uni, pour surveiller le vrai gouvernement.
Assurant que son parti n’était « pas climatodénialiste », il a pourtant enchaîné en accusant le Giec d’être constitué de scientifiques « biaisés par leur vision du monde » et que l’objectif de neutralité carbone en 2050 n’avait « aucune justification scientifique ».
Ces propos sont factuellement faux. Le consensus scientifique sur le climat, synthétisé dans les rapports du Giec, insiste sur la nécessité d’atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre en 2050 pour conserver une chance de rester sous la barre des 1,5 °C de réchauffement, ce qui est l’objectif de l’accord de Paris. Un tel objectif impliquerait même que les pays les plus avancés et historiquement responsables du réchauffement, comme le Royaume-Uni, atteignent cet objectif encore plus tôt.
Surtout, une telle ambition ne pourrait, selon Andrew Bowie, pas se faire « sans appauvrir davantage [le Royaume-Uni] ni dépendre davantage des intérêts étrangers pour nos besoins énergétiques », a-t-il justifié. La veille, sur X, il a vanté « un secteur pétrolier et gazier britannique fier et leader mondial » qui « pourrait prospérer, mais est étranglé par une réglementation déplorable et une fiscalité excessive ». Un secteur dont la prospérité aggraverait encore plus le dérèglement climatique.