Autoroutes : le gouvernement en remet une louche

Durée de lecture : 2 minutes

31 janvier 2011 / Agir pour l’environnement

Le ministère de l’Ecologie vient de publier une nouvelle mouture de l’avant-projet du SNIT (Schéma national des infrastructures de transport). Les autoroutes y gardent la vedette.


En publiant une seconde mouture du Schéma National des Infrastructures de Transport, la ministre de l’Ecologie poursuit le lent mais constant et patient travail politique visant à organiser une vaste relance du programme autoroutier hexagonal.

Pas moins de 18 projets autoroutiers, auxquels il faudrait ajouter une dizaine de projets (A45, A831…) pour être complet, sont inscrits au SNIT. Alors qu’un avant-projet de SNIT évoquait un coût de 7,4 milliards d’euros hors taxe pour 19 projets, l’avant projet consolidé prévoit un investissement voisin de 8,4 milliards pour 18 projets… soit un coût net TTC dépassant désormais les 10 milliards d’euros pour la route. En y incluant l’ensemble des projets, soit une trentaine, le Gouvernement s’apprête à mobiliser une quinzaine de milliards d’euros en faveur des autoroutes.

Le projet du gouvernement prévoit la construction de plus de 1019 kms de nouvelles voies autoroutières soit une augmentation de plus de 10% du réseau autoroutier existant. Pour Agir pour l’Environnement, les grands discours grenelliens affirmant que le réseau routier n’augmenterait plus « significativement » viennent à nouveau de connaître un démenti cinglant.

Alors que l’Etat français s’acharne à démanteler le fret ferroviaire, autorise la circulation des camions de 44 tonnes, détourne les recettes de l’écotaxe, la présentation faussement favorable au rail et au mode de transport alternatif du SNIT ne saurait faire illusion très longtemps.

Parallèlement à la présentation du SNIT, la ministre de l’Ecologie a également annoncé que ce document serait en consultation durant un mois afin que les citoyens français puissent faire des remarques sur le texte. Alors que le SNIT engage la France pour les 20 à 30 prochaines années, la durée de cette consultation expresse est un passage en force mâtiné d’une petite couche de concertation cosmétique !

D’après la loi Grenelle 1, le SNIT aurait du être adopté avant la fin de l’année 2009 (courant 2008 d’après les engagements du Grenelle). Les raisons de ces multiples retards tiennent au fait que nombre d’élus locaux font actuellement pression pour inscrire LEUR infrastructure routière ou autoroutière. A la lecture de l’avant-projet consolidé de SNIT, force est de constater que ces élus-bitumes ont encore une fois obtenu gain de cause !



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : Communiqué de presse.

Contact : Agir pour l’environnement

Lire aussi : Borloo continue d’artificialiser le territoire

DOSSIER    Autoroutes

16 octobre 2019
La carte des luttes contre les grands projets inutiles
Enquête
17 octobre 2019
Crues au nord, assèchement au sud : la crise climatique dérègle déjà nos rivières
Info
18 octobre 2019
Pour 2020, un budget d’un vert bien pâle
Info


Dans les mêmes dossiers       Autoroutes