Avec l’épicerie mobile P’tit Gibus, les paysans associent travail à la ferme et vente directe

Durée de lecture : 2 minutes

6 janvier 2015 / Sophie Chapelle (Campagnes Solidaires)

En région Centre, une forme innovante de commercialisation en circuits courts a vu le jour. Portée par des producteurs désireux de garder le contact direct avec leur clientèle, tout en se réservant du temps de travail sur leurs fermes, l’aventure de P’tit Gibus ne fait que commencer !

Le projet de P’tit Gibus remonte à 2011. Au départ, trois producteurs au Sud de la Touraine soulèvent le problème de la distribution de leurs productions. Ils contactent d’autres paysans tous soucieux de vente directe.

Parmi eux, Michel Galopin, éleveur-fromager. « Notre premier objectif était de mutualiser la commercialisation en embauchant une personne avec un roulement de producteurs », explique-t-il. « Nous voulions garder le contact direct avec nos clients tout en n’étant pas là à chaque fois. »

Leur projet de départ est une épicerie paysanne mobile. « Nous pensions à un bus qui allait vendre dans les villages où il n’y a plus d’épiceries, d’où le nom de P’tit Gibus. » Mais la crainte de devoir passer beaucoup de temps sur les routes pour pouvoir faire du chiffre les amène à faire évoluer le projet.

Constitués en association collégiale, les producteurs cherchent des lieux dans l’agglomération de Tours afin de rationaliser les déplacements. L’agglomération leur propose finalement un emplacement abrité. « Nous avons acheté un camion, fabriqué une remorque pour mettre les produits des dix producteurs et développé notre site internet pour les commandes en ligne, précise Michel Galopin. Notre gamme couvre toute l’épicerie : huile, miel, fromages de chèvres ou de vaches, lait, canards, poulets, pains, farines, madeleines... L’idée c’est que le client puisse trouver tout ce qu’il cherche. »

Le P’tit Gibus a embauché une salariée qui se charge de récupérer les produits sur les fermes et assure la vente aux côtés d’un producteur. L’association livre désormais sur commande et dispose d’un emplacement dans la ville de Saint Cyr. « Nous voudrions vendre sur les marchés mais cela implique d’être inscrit au registre du commerce et de perdre le statut associatif. Tout n’est donc pas réglé », observe Michel Galopin. Qui a fait le choix, comme l’ensemble des membres de l’association, de multiplier les débouchés.

« Nous n’avons pas d’emprunt et nous nous développons doucement. Les emplois du temps de chacun des producteurs sont assez chargés et notre manque de disponibilité est un problème. Créer une synergie est un véritable enjeu mais notre volonté d’avancer collectivement reste intacte. »


Plus d’infos sur le site officiel de P’tit Gibus.


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Source : Article transmis amicalement à Reporterre par la revue Campagnes Solidaires.

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