Média indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info

En bref — Transports

Avions : ça plane pour Jean Castex

Le Premier ministre Jean Castex à l'Assemblée nationale, le 15 juillet 2020.

Le Premier ministre préfère l’avion au wagon. Une enquête de Mediapart, publiée mardi 8 février, a ainsi révélé « la passion immodérée » de Jean Castex pour les jets : sur un an de visites ministérielles scrutées par nos confrères, le chef du gouvernement s’est allègrement déplacé à bord de Falcon — les avions de l’armée que les membres de l’exécutif peuvent louer —, même pour les trajets les plus courts.

Paris-Nantes, Paris-Bordeaux, Paris-Lyon, Paris-Caen... autant de destinations facilement accessibles en train. Le Premier ministre avait d’ailleurs signé une circulaire, en novembre 2020, qui restreignait le recours à la flotte publique : la voie aérienne ne devait être autorisée que lorsque le temps de trajet par la voie ferroviaire se trouvait supérieur à trois heures. Cette règle s’appliquait aux membres du gouvernement... mais visiblement pas au premier d’entre eux.

Il s’agit aussi, et surtout, d’une aberration écologique — les Falcon rejettent en moyenne 1 500 fois plus de CO2 que le TGV, selon Mediapart. Pour un aller-retour à Nantes, le bilan carbone du jet est de 2 300 kg de CO2. Si M. Castex avait pris le TGV, ce bilan aurait été de 1,3 kg de CO2 par personne (1 700 fois moins) .

Interrogé par Mediapart sur des trajets précis, le cabinet de Jean Castex a répondu que les « déplacements du Premier ministre font l’objet de plusieurs impératifs au moment de leur organisation » : la sécurité, la disponibilité, la gestion d’un agenda « très contraint », ainsi qu’un « impératif de sobriété en termes de coût et d’impact environnemental ».

Le Premier ministre semble ainsi se comporter comme les gens les plus riches. Selon un rapport de l’ONG Transport & Environment, publié en mai 2021, le trafic des jets privés n’a pas connu — ou si peu — la crise sanitaire. Or ces vols aux tarifs inabordables pour le commun des mortels émettent dix fois plus de CO2 par personne que les liaisons aériennes commerciales. Un vol privé de quatre heures génère autant d’émissions qu’un individu moyen en une année.

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner
Fermer Précedent Suivant

legende