Budget 2026 : la taxe Zucman rejetée par l’Assemblée nationale
Olivier Faure parmi ses collègues socialistes et apparentés à l'Assemblée nationale le 31 octobre 2025. - © Alain Jocard / AFP
Olivier Faure parmi ses collègues socialistes et apparentés à l'Assemblée nationale le 31 octobre 2025. - © Alain Jocard / AFP
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Raté. Les partis de gauche ont échoué à faire adopter la « taxe Zucman », le 31 octobre, lors de l’examen à l’Assemblée nationale du budget de l’État pour l’année 2026. Du nom de l’économiste Gabriel Zucman, cette « taxe » est un impôt plancher de 2 % sur les ultrariches qui possèdent un patrimoine supérieur à 100 millions d’euros.
Malgré la pression de la gauche et une mobilisation populaire lancée sur les réseaux sociaux, pour interpeller les députés et les inciter à voter en faveur de la taxe Zucman, cela n’a pas été suffisant. Le gouvernement avait émis un avis négatif, critiquant les méthodes de calcul de Gabriel Zucman, et affirmant que les plus fortunés allaient quitter le pays si cet impôt était instauré.
« C’est une mauvaise taxe », avait estimé le député macroniste Paul Midy lors des discussions. « Votre taxe Zucman, c’est juste de la “taxemania” », avait critiqué le député Laurent Wauquiez (Les Républicains). « La seule solution, c’est un impôt sur la fortune financière », avait aussi prétendu le député Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement national).
« Le Premier ministre Sébastien Lecornu promettait une rupture, on ne la voit pas sur le terrain de la justice fiscale », a déploré la députée Clémentine Autain (groupe écologiste et social) à la sortie de l’hémicycle. « Il n’y a rien à négocier avec un pouvoir macroniste qui décide d’appliquer uniquement son programme et refuse le minimum de justice fiscale », s’est aussi indignée la députée insoumise Mathilde Panot après le vote. Elle a appelé à la censure du gouvernement de Sébastien Lecornu et au « départ d’Emmanuel Macron », et a critiqué que le Parti socialiste n’ait « rien obtenu » lors de ses négociations avec l’exécutif.
Le Parti socialiste menace depuis des semaines de censurer le gouvernement si ce dernier ne modifie pas son budget et n’y intègre pas des éléments de justice fiscale. Face à l’obstination de l’exécutif, qui refusait de changer quoi que ce soit, le parti d’Olivier Faure avait préparé un amendement pour instaurer une « taxe Zucman light », qui prévoit un impôt plancher de 3 % sur les patrimoines qui dépassent 10 millions d’euros, mais en excluant les entreprises familiales et celles dites « innovantes ». Cette version « allégée » a toutefois aussi été rejetée par l’Assemblée nationale.
La taxe Zucman avait pourtant été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, le 20 février, lors de la niche parlementaire du groupe écologiste et social. Le vote avait alors recueilli 116 voix pour et 39 voix contre — c’était grâce à l’heure tardive du scrutin et à l’abstention du Rassemblement national que le texte avait pu être adopté. Cette fois-ci, les députés d’extrême droite ont voté contre la taxe Zucman.
Lors de son passage au Sénat, la taxe avait ensuite été rejetée au mois de juin (188 voix contre, 129 voix pour).