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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Déchets nucléaires

Bure : pour les juges, l’Andra n’a pas menti sur la géothermie

Jeudi 23 mars, le tribunal de Versailles a refusé de considérer que le potentiel géothermique de Bure pouvait empêcher le projet Cigeo.

« Un jugement mi-figue mi-raisin. » Pour Maître Etienne Ambroselli, l’avocat des opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires, dit Cigeo, à Bure, l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles est « un progrès, même s’il est décevant ». Contre l’avis des millitants, les juges ont en effet estimé que l’Andra ( l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs) - dont la mission est d’informer le public - n’a pas caché l’existence d’une ressource en géothermie sous le site de Bure.

Même si la Cour a confirmé que les associations (Réseau Sortir du nucléaire, Bure Stop 55, Cedra...) avaient intérêt à agir - leur plainte contre l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra) est donc recevable - l’arrêt les déboute sur le fond.

Rappel des faits : pour réaliser son projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), l’Andra doit notamment vérifier l’absence de ressource géothermique potentiellement exploitable. Comme l’expliquait l’opposant Michel Marie à Reporterre en janvier 2015, « on ne fait pas d’enfouissement dans un secteur où se trouve une ressource quelconque, parce que nos descendants, ayant oublié l’existence d’un tel dépotoir souterrain, risqueraient d’aller chercher cette ressource et de tomber sur la boîte de Pandore. On imagine les conséquences. »

Pour l’Andra, la ressource géothermique à Bure est « faible ». Pas de soucis, donc.
Mais d’après les associations anti-nucléaires, cette ressource est au contraire présente et exploitable : « Pour pouvoir implanter Cigéo à Bure, l’Andra a cherché, au mépris des règles de sûreté, à minimiser cette ressource géothermique », estime le réseau Sortir du nucléaire.

En mars 2015, le Tribunal de grande instance de Nanterre refuse pourtant de prendre acte de la faute commise par l’Andra dans sa mission d’information, déclarant que les associations n’avaient pas d’intérêt à agir. Ce jeudi 23 mars, la Cour d’appel de Versailles a pour sa part refusé de prendre acte de la faute commise par l’Andra. Les associations envisagent de saisir la Cour de cassation.

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