Bure : pour les juges, l’Andra n’a pas menti sur la géothermie

Durée de lecture : 2 minutes

24 mars 2017 / par Lorène Lavocat (Reporterre)

Jeudi 23 mars, le tribunal de Versailles a refusé de considérer que le potentiel géothermique de Bure pouvait empêcher le projet Cigeo.

« Un jugement mi-figue mi-raisin. » Pour Maître Etienne Ambroselli, l’avocat des opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires, dit Cigeo, à Bure, l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles est « un progrès, même s’il est décevant ». Contre l’avis des millitants, les juges ont en effet estimé que l’Andra ( l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs) - dont la mission est d’informer le public - n’a pas caché l’existence d’une ressource en géothermie sous le site de Bure.

Même si la Cour a confirmé que les associations (Réseau Sortir du nucléaire, Bure Stop 55, Cedra...) avaient intérêt à agir - leur plainte contre l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra) est donc recevable - l’arrêt les déboute sur le fond.

Rappel des faits : pour réaliser son projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), l’Andra doit notamment vérifier l’absence de ressource géothermique potentiellement exploitable. Comme l’expliquait l’opposant Michel Marie à Reporterre en janvier 2015, « on ne fait pas d’enfouissement dans un secteur où se trouve une ressource quelconque, parce que nos descendants, ayant oublié l’existence d’un tel dépotoir souterrain, risqueraient d’aller chercher cette ressource et de tomber sur la boîte de Pandore. On imagine les conséquences. »

Pour l’Andra, la ressource géothermique à Bure est « faible ». Pas de soucis, donc.
Mais d’après les associations anti-nucléaires, cette ressource est au contraire présente et exploitable : « Pour pouvoir implanter Cigéo à Bure, l’Andra a cherché, au mépris des règles de sûreté, à minimiser cette ressource géothermique », estime le réseau Sortir du nucléaire.

En mars 2015, le Tribunal de grande instance de Nanterre refuse pourtant de prendre acte de la faute commise par l’Andra dans sa mission d’information, déclarant que les associations n’avaient pas d’intérêt à agir. Ce jeudi 23 mars, la Cour d’appel de Versailles a pour sa part refusé de prendre acte de la faute commise par l’Andra. Les associations envisagent de saisir la Cour de cassation.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance, Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaire ni actionnaire, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et nous laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l’environnement comme sujet majeur de société, compte — cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Lire aussi : Pour imposer le site de déchets nucléaires Cigéo, l’Andra aurait dissimulé une source géothermique

Source  : Lorène Lavocat pour Reporterre

Photo : © Sébastien Bonetti/Reporterre

DOSSIER    Déchets nucléaires

22 juillet 2019
La gratuité des transports urbains, une fausse bonne idée
Tribune
5 juillet 2019
« Les canicules ne sont plus des phénomènes naturels »
Entretien
20 juillet 2019
Radio Bambou : Les pollinisateurs, ces cupidons des fleurs
Chronique


Dans les mêmes dossiers       Déchets nucléaires



Du même auteur       Lorène Lavocat (Reporterre)