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COP28 : les Émirats promettent 27 milliards aux pays les plus pauvres

Les Émirats arabes unis accueillent la COP28 jusqu'au 12 décembre.

Le président des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed al-Nahyan, a annoncé vendredi 1er décembre la création d’un fonds d’investissement dédié au financement de l’adaptation et de l’atténuation des pays émergents, pauvres et des Etats insulaires, réunis au sein de l’Aosis. Baptisé Alterra, ce véhicule financier sera doté de 30 milliards de dollars (27,5 milliards d’euros). Il sera géré par Lunate Capital, un fonds d’investissement récemment créé par des membres de la famille princière émiratie.

Environ 15 % du montant des fonds détenus par Alterra sont destinés à cofinancer des projets d’adaptation dans des pays qui peinent à accéder aux financements privés, comme les pays les moins avancés et les petits États îliens. Alterra prévoit de financer des projets énergétiques « à grand impact ». Parmi ceux-ci : le développement de 6 gigawatts (GW) de capacité de production d’énergie « propre » en Inde. Les 85 % restants de fonds ne semblent pas encore fléchés.

Un coup politique

Le 5 septembre, lors du sommet africain sur le climat de Nairobi, Sultan al-Jaber, président de la COP28 et de la compagnie pétrogazière des Émirats arabes unis, a annoncé la construction d’un partenariat émirati-africain. Il financera la construction de 15 GW de capacité de production d’énergies renouvelables sur le continent d’ici à 2030. Selon Sultan al-Jaber, les Émirats arabes unis seraient disposés à financer le tiers du montant total de l’investissement, soit 4,5 milliards de dollars (4,1 milliards d’euros).

Ces investissements n’effacent toutefois pas l’impact des Émirats arabes unis sur le changement climatique. L’hôte de la COP28 est l’un des plus gros producteurs de pétrole de la planète et le cinquième émetteur de CO2 par habitant. En moyenne, un Émirati émet 20,3 tonnes de CO2 par an, contre 4 tonnes pour un Français.

L’annonce émiratie est un coup politique. Elle met en lumière l’absence de volonté des pays du Nord de financer la transition énergétique des pays qui souffrent le plus des effets du réchauffement. Le 30 novembre, un groupe de pays parmi les plus riches de la planète a peiné à réunir 400 millions de dollars (369 millions d’euros) pour abonder le nouveau fonds dédié aux pertes et dommages.

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