Contre l’avis de la Russie, la prochaine COP aurait lieu en Azerbaïdjan
La COP29 de 2024 pour se tenir en Azerbaïdjan. - Pexels/CC/Aboodi Vesakaran
La COP29 de 2024 pour se tenir en Azerbaïdjan. - Pexels/CC/Aboodi Vesakaran
Avec l’assentiment de l’Arménie, l’Azerbaïdjan devrait accueillir la prochaine COP sur le climat, après les Émirats arabes unis.
Dubaï (Émirats arabes unis), envoyé spécial
L’Azerbaïdjan devrait organiser, en 2024, la 29e COP sur le climat. La décision devrait être prise à la fin de la COP28, qui se termine le 12 décembre à Dubaï. Cela constituerait un camouflet pour la Russie. Pour saisir les tenants et aboutissants de cette décision, qui doit encore être entérinée, des explications s’imposent.
Chaque conférence des parties à la Convention-cadre de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur les changements climatiques (CCNUCC) est accueillie par un pays hôte différent chaque année. L’usage veut qu’il y ait un roulement entre les cinq groupes régionaux de l’ONU : Afrique, Asie, Europe centrale et orientale, Amérique latine et Caraïbes, Europe occidentale et autres États. En 2024, c’est au tour de l’Europe centrale et orientale.
Quatre pays s’étaient déclarés candidats : la République tchèque, la Bulgarie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Comme toujours dans le processus onusien, la décision doit être consensuelle.
Véto russe
En avril, Moscou a refusé qu’un pays membre de l’Union européenne accueille la COP29 : une mesure de représailles aux sanctions prises par l’UE à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Fédération de Russie. De fait, cela a réduit à néant les prétentions bulgare et tchèque.
Deux pays restaient en lice : l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Problème, les deux États du Caucase, issus de l’URSS, sont en guerre, plus ou moins ouverte, depuis... 1994. En septembre dernier, l’armée azérie a attaqué l’enclave arménienne du Haut-Karabakh, provoquant la fuite de 100 000 personnes vers l’Arménie.
Ces événements tragiques pourraient être en voie d’apaisement. Le 7 décembre, un communiqué signé par les deux gouvernements promet « des mesures concrètes visant à renforcer la confiance ». Les signataires s’engagent aussi à « normaliser leurs liens et [à] signer un accord de paix ».
Dans la foulée, Erevan, la capitale de l’Arménie, a indiqué soutenir la candidature de Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, à l’organisation de la 29e COP sur le climat. « En tant que membre de la diaspora arménienne et climatologue, je suis tombé de ma chaise en voyant cette issue. Mais il faut toujours espérer la paix », a commenté sur X, ex-Twitter, Roland Séférian, climatologue au Centre national de recherches météorologiques (CNRM).
Pas deux mandats d’Al Jaber
Ce choix a plusieurs conséquences. Cela évite d’abord que l’ONU organise la prochaine séance du gouvernement mondial du climat à Bonn, siège de la CCNUCC en Allemagne. Une solution de repli que les autorités dégainent quand un pays ne peut accueillir les milliers de délégués.
En 2017, la COP23, présidée par les Fiji, avait été déplacée dans l’ancienne capitale d’Allemagne. Dans le cas où aucun pays n’accueille la COP, c’est la présidence de la précédente qui continue à s’exercer. Dit autrement, Sultan Al Jaber, le président de la COP28 décrié pour ses propos aux allures climatosceptiques, aurait effectué deux mandats consécutifs. Enfin, la soudaine entente entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan permet d’ouvrir le cadenas qu’avait posé Moscou sur le processus onusien.