123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefCOP28

À la COP28, une manifestation pour le cessez-le-feu à Gaza

À Dubaï, le 9 décembre 2023.

Dubaï (Émirats arabes unis), reportage

Une COP a beau être une zone extraterritoriale, elle n’est jamais coupée du monde. Pour preuve : la marche que les ONG ont organisée, samedi 9 décembre, en soutien à la Palestine. Elle a eu lieu dans la zone bleue, l’espace cœur de la conférence, qui se trouve sous l’autorité du secrétariat de la Convention sur les climat des Nations unies. Les slogans ont été soumis au secrétariat qui les a approuvés, à l’exception d’un seul : « From the river to the sea » (« De la rivière — le Jourdain— à la mer » — Méditerranée).

Une heure durant, plusieurs centaines de manifestants ont défilé en appelant à un cessez-le-feu immédiat dans la Bande de Gaza. Brandissant des banderoles en faveur de l’environnement peintes aux couleurs du drapeau palestinien, les manifestants ont crié « Justice climatique » et « Cessez-le-feu maintenant ». Noire et blanche, la banderole était portée par des activistes vêtus du traditionnel keffieh des Palestiniens. Parmi eux, Dalal Shalash, jeune Palestinienne de la diaspora. « C’était fantastique », dit-elle, émue.

Pour Dalal Shalash, jeune Palestinienne de la diaspora, cette marche était «  fantastique  ». © Valéry Laramée de Tannenberg / Reporterre

« Porté par le Climate action network et la Coalition COP28, ce choix de soutien au cessez-le-feu marque une volonté de convergence des luttes, en particulier justice sociale et climatique, paix et liberté d’expression. C’est un choix courageux mais qui a créé des remous dans le mouvement climat, notamment autour des messages de lutte contre la colonisation », dit un responsable d’ONG sous couvert d’anonymat.

Climat et guerre à Gaza « sont le même combat, c’est la même chose, c’est du colonialisme, c’est du génocide », dit à l’AFP l’activiste mexicaine Isavela Lopez. « Ils nous prennent ce qui nous revient de droit, ce qui revient de droit à nos ressources, ils nous prennent notre terre, notre biodiversité… et ensuite ils l’utilisent pour eux-mêmes et pour s’enrichir ».

« Je suis solidaire de tous ceux qui sont opprimés », a déclaré à l’AFP l’Étasunienne Claire Charlo, de l’Alliance pour une transition juste. « Je compatis avec tous ceux qui subissent un génocide en ce moment, parce que cela nous est arrivé aux États-Unis en 1492. »

legende