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En bref — Nucléaire

Canicule : des dérogations pour autoriser les centrales nucléaires à fonctionner ?

Centrale nucléaire de Nogent sur Seine

La sécurité de l’approvisionnement électrique plutôt que la protection des poissons. C’est en substance ce qu’a choisi le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE en demandant à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’autoriser le fonctionnement de trois centrales nucléaires même en cas de dépassement de la température réglementaire des rivières situées à proximité, selon le média Montel. Cette décision intervient alors que la France traverse son pire épisode de canicule depuis 2003.

Plus précisément, les trois centrales concernées – Golfech (Tarn-et-Garonne), Blayais (Gironde) et Saint-Alban (Isère) – pourraient continuer à fonctionner même si le seuil légal des 28 °C de température de l’eau était dépassé en aval de leurs installations, a indiqué EDF dans un courriel mercredi 13 juillet. Cette dérogation exceptionnelle s’appliquerait jusqu’au 8 août.

Une première dérogation en 2018

Les centrales nucléaires doivent constamment puiser et rejeter de l’eau dans la mer ou dans les cours d’eau voisins pour assurer leur refroidissement, avait rappelé EDF lors d’un point presse mardi 6 juillet. Mais depuis la canicule de 2003, cette pratique a été réglementée : en cas de dépassement d’une température limite, la centrale doit abaisser sa puissance voire s’arrêter pour protéger la biodiversité des cours d’eau – à moins que RTE n’exige son maintien pour conserver le réseau électrique à l’équilibre. Jusqu’à aujourd’hui, ce dernier n’avait réclamé qu’une dérogation, pendant trente-six heures à Golfech en 2018.

Six centrales sont particulièrement concernées par ce risque de restriction, avait indiqué l’électricien : Golfech, Le Blayais et Saint-Alban, mais aussi , Bugey (Ain), Tricastin (Drôme) et Chooz (Ardennes). En juin, Saint-Alban tournait déjà au ralenti à cause de l’élévation de la température de l’eau du Rhône. Les vagues de chaleur et la sécheresse en France ont causé une perte de 3 térawattheures de la production nucléaire en 2020, selon Callendar, une société d’analyses des risques climatiques citée par Montel.

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