Chronique du jardin sans pétrole - Désherber sans pesticides, rien de plus facile !

Durée de lecture : 3 minutes

12 mai 2015 / Christine Laurent (Reporterre)



Le beau temps revient, et avec lui les herbes folles ! La flore spontanée pousse partout prenant de court les plantes potagères. Mais grâce aux techniques du désherbage bio, rien de plus facile que de s’en tirer sans pesticides.


Le soleil revient après des jours de pluie durant lesquels nous n’avons pu faire qu’une incursion rapide au jardin. Les semis de chou-rave flottaient dans la cagette. Il faudra améliorer ce système pour l’année prochaine en lui ajoutant une fonction « flottaison autonome » !

Déjà les akènes, des pissenlits poussés par le vent, s’envolent vers d’autres jardins. Et les pétales des cerisiers gisent au sol. Un autre nuage de fleurs blanches s’est installé sous un chêne, ce sont des corolles à cinq pétales biformes du compagnon blanc (Silène latifolia alba), dont je découvre un peu tard qu’elles sont distinguées de trois fourchettes par le Guide des plantes bio-indicatrices de Gérard Ducerf.

La flore spontanée pousse partout, prenant de court nos plantes potagères. Nos herbes folles de prédilection - renoncule rampante, oxalis, prêle, bourrache et consoude... - pointent partout sur les buttes et les pieds des framboisiers sont à nouveau encerclés par le trèfle blanc en dépit des copeaux de bois.

Changer son regard

Un tout nouveau livre publié chez Terre Vivante (Je désherbe sans produits chimiques !) explique comment obtenir de la tenue dans son jardin sans recourir aux pesticides. Les conseils de Denis Pépin semblent si faciles à mettre en œuvre que l’on se demande pourquoi le glyphosate (la molécule active du Roundup, herbicide total classé comme possiblement cancérigène chez l’homme par l’organisation mondiale de la santé) se vend encore.

Bien sûr, le désherbage bio demande de changer son regard sur les formes de vie qui nous entourent et d’agir avec discernement. Les méthodes à utiliser dans les allées diffèrent de celles que l’on applique au potager. La gestion différenciée en est le concept clé. En effet, pourquoi vouloir à tout prix nettoyer jusque sous une haie ? Laisser une bande de quelques dizaines de centimètres aux plantes spontanées dont les fleurs discrètes sont si poétiques permet d’offrir le gîte et le couvert aux insectes parmi lesquels des auxiliaires de cultures bien utiles.

Au potager, la technique ancienne du faux semis consiste à préparer le sol en émiettant la terre de surface et en arrosant s’il fait sec afin de provoquer la germination des graines qui s’y trouvent et de supprimer les jeunes pousses avant de faire ses propres semis. En paillant au fur et à mesure de la levée des plants, le désherbage est réduit et peut se faire manuellement. La fauche des fleurs spontanées avant qu’elles ne montent en graine évite leur stockage dans le sol et leur réapparition l’année suivante. Cette année nous surveillerons la bourrache qui a pris ses aises, d’autant qu’en salade ses fleurs bleues sont délicieuses.





Lire aussi : Il pleut, c’est la fête aux limaces

Source : Christine Laurent pour Reporterre

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