Consigne sur le plastique : élus et ONG claquent la porte de la concertation
Les associations de défense de l'environnement dénoncent les risques et les limites d'une consigne pour le recyclage des plastiques. - Public Domain / CC0
Les associations de défense de l'environnement dénoncent les risques et les limites d'une consigne pour le recyclage des plastiques. - Public Domain / CC0
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« NON à la fausse consigne. » C’est le message clair et net que les représentants d’élus locaux et plusieurs associations de défense de l’environnement ont adressé à Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, mardi 30 juin. Ils ont claqué la porte de la réunion de concertation à laquelle ils étaient conviés, dénonçant un « simulacre de concertation ».
Les collectivités locales n’ont eu de cesse de pointer les risques et les limites de la mise en place d’une consigne pour le recyclage des plastiques, en 2019 puis en 2023. Elles la qualifient de « fausse consigne », puisque le but n’est pas le réemploi des dites bouteilles, mais leur recyclage. Pour elles, ce dispositif participerait à l’augmentation de la quantité de plastique mise sur le marché et permettrait aux vendeurs de bouteilles d’eau et de soda de récupérer une manne financière, au détriment de l’équilibre financier du service public de gestion des déchets.
« Ce "plan plastique" n’est qu’un blanc-seing donné aux industriels, sans aucun garde-fou fort pour développer le réemploi et engager sérieusement la réduction des plastiques à usage unique », a déclaré Bastien Faure, directeur de Zéro Waste France.
« Vous ne paraissez sensible qu’aux appétits de quelques industriels »
« Vous restez sourd à nos arguments et ne paraissez sensible qu’aux appétits de quelques industriels financièrement intéressés en poursuivant la destruction du service public de tri et de recyclage, et au mépris de l’écologie », ont estimé les organisations, qui en appellent désormais à l’arbitrage du Premier ministre.
Mathieu Lefèvre a réagi en arguant que « le taux de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique et des canettes n’était que de 58,4 % en 2024, contre un objectif de 90 % ». Or, la France est dans le collimateur de l’Union européenne pour non-atteinte de ses objectifs. « La mise en œuvre de la consigne pour recyclage sera obligatoire au 1er janvier 2029, a déclaré le ministre. La question est donc désormais de savoir si l’on anticipe ou si l’on subit. »
Le Syndicat des boissons sans alcool, représentant notamment Coca-Cola, Orangina, PepsiCo, ou encore Nestlé Waters, a indiqué à l’Agence France-Presse être « très impliqué et en soutien » du projet de consigne proposé par le gouvernement.