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L’offensive plastique en partie déjouée au Sénat

Si les amendements ont été en grande partie rejetés en séance, la victoire reste en « demi-teinte ».

L’offensive du plastique a été en partie déjouée au Sénat. Dans le cadre des débats sur le projet de loi « portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne » (Ddadue), plusieurs amendements — notamment travaillés avec le lobby européen du plastique — avaient été déposés par des sénateurs afin de réhabiliter ce matériau polluant en France, vous racontait récemment Reporterre.

Ces amendements ont été en grande partie rejetés en séance. Ils proposaient de mettre fin aux objectifs de fin du plastique à usage unique d’ici 2040, de réautoriser la distribution gratuite de bouteilles, de réintroduire le plastique dans les cantines des établissements scolaires et des maternités…

Cette victoire est en « demi-teinte », regrette Lisa Pastor, chargée de plaidoyer au sein de l’ONG Surfrider Foundation Europe. Les objectifs de réemploi fixés par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec), en 2020, ont en revanche été déclarés incompatibles avec le règlement emballages européen. La mise en place d’une filière à responsabilité unique du producteur (qui prévoyait d’appliquer le principe « pollueur-payeur » aux fabricants de produits textiles à usage unique) a également été circonscrite aux seules lingettes jetables. Les fabricants de couches, mouchoirs en papier, essuie-tout et serviettes hygiéniques pourraient échapper à ce dispositif.

Il aurait permis de transférer les coûts de traitement de ces déchets — évalués par Surfrider à 800 millions d’euros, aujourd’hui à la charge des collectivités locales — vers leurs fabricants. Les déchets sanitaires textiles ont « explosé » au cours des vingt-cinq dernières années, note l’Ademe, l’Agence de la transition écologique : chaque année, un Français en produit en moyenne 37 kg, qui finissent enfouis ou incinérés. Les lingettes ne représentent que 2 % de ce « gisement ».

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