Consigne pour les bouteilles plastiques : Macron remet sur la table cette proposition critiquée
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On pensait la consigne pour bouteilles plastiques, critiquée par les associations comme les collectivités locales, enterrée. Emmanuel Macron l’a remise sur la table, le 19 mai, lors du salon de l’économie circulaire REuse Economy Expo, à Paris. « La consigne pourra faire partie de leviers d’action étudiés », a déclaré le président de la République à propos du réemploi du plastique. Il a demandé au gouvernement « d’engager des concertations afin de définir des actions concrètes qui nous permettront d’atteindre l’objectif de recyclage en 2030 ».
La France a en effet pour objectif de collecter au moins 90 % des bouteilles en plastique de boisson d’ici 2029. Or, moins de 60 % le sont actuellement (chiffres Ademe de 2024). « Nous payons 1 milliard et demi d’euros parce qu’on ne respecte pas les normes européennes sur la consigne », a indiqué le chef de l’État.
Concrètement, il s’agirait d’instaurer une consigne de quelques centimes sur les bouteilles en plastique que les consommateurs pourraient récupérer sous forme de bon d’achat en les rapportant, une fois vides, dans les automates de supermarchés. Ces bouteilles seraient ensuite recyclées (car non réemployables en l’état) afin de fabriquer de nouveaux objets en plastique.
Une « fausse consigne » selon les collectivités locales
Mais les collectivités locales, qui récupèrent déjà ces déchets via le bac jaune, ont à maintes reprises fait part de leur désaccord avec ce dispositif, estimant que ce déchet est l’un des mieux collectés.
Intercommunalités de France, l’Association des maires de France et France urbaine évoquent une « fausse consigne » et une « aberration environnementale et financière » dans un communiqué du 19 mai.
Selon ces organisations, la consigne pour recyclage participerait à l’augmentation des tonnages de plastique mis sur le marché et « permettrait à de nombreux vendeurs d’eau et de soda de récupérer une manne financière conséquente ».
« Ce dispositif risque de fragiliser profondément l’équilibre économique du service public de gestion des déchets assuré par les collectivités territoriales, qui ont pourtant investi massivement ces dernières années pour moderniser les centres de tri et généraliser l’extension des consignes de tri », déclare pour sa part la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. Cette dernière rappelle avoir déjà émis de très fortes réserves dans deux rapports d’information, en 2023 et en 2025.