Le gouvernement renonce à consigner les bouteilles en plastique
Le taux de collecte des bouteilles en plastique en France, dépassant à peine les 60%, est loin des 77% qui devraient être atteints aujourd'hui. - Maria Mendolia / Unsplash
Le taux de collecte des bouteilles en plastique en France, dépassant à peine les 60%, est loin des 77% qui devraient être atteints aujourd'hui. - Maria Mendolia / Unsplash
Durée de lecture : 3 minutes
Les élus et collectivités peuvent être soulagés : la consigne pour recyclage des bouteilles en plastique ne sera pas mise en place. Tout au moins pour le moment. Après des mois de débats, Christophe Béchu a tranché la question, le 27 septembre lors des Assises nationales des déchets, à Nantes : « Force est de constater que la mise en place immédiate et généralisée de la consigne pour recyclage ne rencontre pas la pleine adhésion dont nous avons besoin », a déclaré le ministre de la Transition écologique.
Avec cette consigne de quelques centimes, l’objectif était d’inciter les consommateurs à rapporter leurs bouteilles d’eau ou de sodas dans des automates de supermarchés. Mais les collectivités craignaient que ce dispositif ne les prive du plastique qu’elles peuvent actuellement valoriser avec, à la clé, une baisse de leurs recettes et, pour les contribuables, une hausse de la taxe sur les ordures ménagères.
Si le gouvernement a entendu leurs inquiétudes, il exige qu’elles passent « à une logique de performance » et améliorent leurs taux de collecte de plastique afin d’atteindre l’objectif européen d’au moins 90 % de bouteilles en plastique collectées en 2029. Aujourd’hui, ce taux dépasse à peine les 60 %, quand il devrait être de 77 %. La France paie déjà des pénalités à l’Union européenne.
Un système de bonus/malus en 2024
« Il n’est pas acceptable d’avoir des collectivités qui remplissent déjà leurs objectifs en avance, tandis que d’autres ont un taux de collecte des bouteilles sept fois inférieur », a tancé le ministre. Ce dernier a annoncé un contrôle des performances des communes et la mise en place d’un système de bonus/malus au cours de l’année 2024.
Les collectivités les plus performantes recevront des incitations tandis que les moins performantes contribueront davantage. Le ministre ne ferme cependant pas complètement la porte à la consigne : si le retard n’était pas rattrapé, il estime que « la question de sa mise en place se poserait forcément ».
Un succès dans d’autres pays
De leur côté, les promoteurs de la consigne sur les bouteilles plastique ne baissent pas les bras. Sébastien Jacques, délégué général de la Maison des eaux minérales naturelles (MEMN), assure par exemple dans un post sur LinkedIn être « pleinement mobilisé aux côtés des acteurs de la coalition Reloop pour continuer à porter ce combat ».
Dans un communiqué dans lequel elle déplore la décision de la France, cette coalition cite « les résultats éloquents » obtenus par les quatorze pays européens qui ont adopté ce système de consigne mixte : « Plus de 90 % des bouteilles en plastique et des canettes sont recyclées et les déchets abandonnés dans l’environnement ont diminué de plus de 80 % », assure-t-elle. Une manne pour les industriels.
Mais pour la plupart des associations environnementales, la priorité n’est pas là. « Face à l’ampleur de la pollution plastique, la priorité doit être de réduire à la source la production d’emballages plastiques », soulignait l’ONG Zero Waste France dans un dossier publié en juin dernier.