Consommation de viande : le cabinet de François Bayrou a bloqué la stratégie nationale
La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, qui devait préconiser de réduire la consommation de viande, aurait dû être publiée en 2023. - Pixnio / CC0 / Stevepb
La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, qui devait préconiser de réduire la consommation de viande, aurait dû être publiée en 2023. - Pixnio / CC0 / Stevepb
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Un dernier blocage avant de partir. Selon le média Contexte, le cabinet de François Bayrou s’est opposé à la publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), juste avant son départ de Matignon.
La publication de ce document attendu depuis deux ans — qui est censé déterminer « les orientations de la politique de l’alimentation durable » — était imminente. Elle avait été validée lors d’une ultime réunion interministérielle, le 3 septembre, avec un objectif de « réduction de la consommation » de viande (sans donner de chiffre précis), bien que Matignon préférait jusqu’ici une simple mention de « limitation » de la viande.
Mais, d’après Contexte et Le Monde, le 5 septembre, le compte-rendu de la réunion interministérielle transmis par le cabinet de François Bayrou aux ministères a fait disparaître ce qui avait été convenu. La mention de la « réduction de la consommation » de viande a été remplacée par un objectif de « consommation de viande équilibrée », sans davantage de détails.
La publication attendra encore
Selon des sources gouvernementales contactées par Le Monde, le responsable de ce changement de dernière minute serait un conseiller agriculture de Matignon. Les ministères de la Santé et de la Transition écologique auraient dénoncé une situation « inacceptable ». Contactés par nos confrères, les cabinets du Premier ministre et des ministères concernés n’ont pas souhaité réagir.
Maintenant que le gouvernement de François Bayrou a été renversé, il se contentera de gérer les affaires courantes. La publication de la Snanc, quelle que soit sa version, devra donc encore attendre.
Il existe un consensus scientifique sur la nécessité écologique de baisser la consommation de produits d’origine animale. Le Haut Conseil pour le climat concluait par exemple, dans un rapport publié en janvier 2024, que la réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole français à l’horizon 2050 était « réalisable », à condition que les pouvoirs publics accompagnent les acteurs agricoles et que les Français baissent d’au moins 30 % leur consommation de produits d’origine animale.