Cuba, le pays de l’agriculture biologique

3 décembre 2016 / Martin Bertrand (Reporterre)



La situation géopolitique particulière de Cuba a contraint l’île des Caraïbes à se convertir, avec succès, à l’agriculture biologique. Reporterre vous propose un reportage photographique dans la vallée de Vinales, emblématique de cette réussite.

  • Vallée de Vinales (Cuba), reportage

De l’embargo des États-Unis (1962) à la chute de l’URSS (1991), Cuba a progressivement perdu ses principales possibilités d’importations. L’agriculture du pays a ainsi été privée de matériels agricoles, d’engrais chimiques et d’autres pesticides. Nécessité faisant loi, il a fallu continuer à produire pour se nourrir et, pour cela, des techniques agricoles traditionnelles et biologiques se sont développées. Après une période de transition, le résultat est là, car l’île s’est presque entièrement convertie au bio. Le rêve des écologistes du monde entier s’est réalisé sur cette grande île des Caraïbes.

L’exemple idéal de cette réussite se trouve dans la vallée de Vinales. Située dans l’ouest de l’île, au sein de la Sierra de Los Organos, elle bénéficie de sols fertiles et d’un climat propice à l’élevage et aux cultures.

La vallée est très connue pour ses « mogotes », collines de calcaire qualifiées de reliefs karstiques qui seraient le fruit d’une longue érosion. Ces immenses dômes allant jusqu’à 300 mètres de hauteur évoquent un décor de film fantastique. La région est d’ailleurs, depuis 1999, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le ciel appartient aux oiseaux 

La nature y a encore ses droits : la végétation offre de magnifiques nuances de vert ; le ciel appartient aux oiseaux tandis que libellules et papillons déambulent librement. Au petit matin, les coqs et les cochons nous réveillent par leurs bruits incessants. Voitures et chevaux se partagent la chaussée, alors que des poules nous coupent souvent la route.

Dans cette contrée, la principale activité est l’agriculture. Beaucoup de différents fruits et légumes y poussent ainsi que le tabac cubain, unique au monde. Privés de machines agricoles, les champs sont labourés par la traction des bœufs, le manioc est découpé à la machette et l’élevage des animaux se fait autant dans les enclos que dans les jardins des maisons. Il est agréable de savoir que ce que l’on mange est récolté et élevé sur place.

Depuis ces dernières années, la vallée de Vinales connait une forte augmentation du tourisme due à sa beauté et à son authenticité. Néanmoins, attention à ne pas « tuer la poule aux œufs d’or », car il serait dommage que ce lieu et ses richesses deviennent une simple attraction touristique.

Une vue de la vallée de Vinales et des « mogotes » depuis un mirador.
Un agriculteur cubain.
La récolte du manioc.
Le manioc sera découpé à la machette.
La plupart des familles de la vallée élèvent des porcs ou des poulets chez eux.
La terre rouge de la vallée est propice à l’agriculture.
Les enfants travaillent avec leurs parents depuis leur plus jeune âge.
Élevage de bœufs dans une ferme de la vallée.
Le retour des chevaux au ranch.
La vallée de Vinales à la tombée de la nuit.



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Lire aussi : Cuba, le pays où l’agroécologie est vraiment appliquée

Source : Martin Bertrand pour Reporterre

Photos : © Martin Bertrand/Reporterre

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