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Nature

Dans la Somme, 200 chasseurs manifestent pendant le confinement pour pouvoir tirer le gibier d’eau

Après les dérogations obtenues cette semaine pour tirer le gros gibier, les chasseurs en redemandent. Dans la région des Hauts-de-France, la colère gronde. Mercredi 4 novembre 2020 à 18 heures, plus de 200 chasseurs se sont réunis, malgré le confinement, sur le parking de l’Intermarché de Saint-Valery-sur-Somme. Leur revendication ? Pouvoir continuer à tirer le gibier d’eau et abattre des sarcelles d’hiver, des colverts, des souchets, des siffleurs, des oies et tout autre oiseau des bords de mer.

Ils répondaient à l’appel du collectif Chasseurs en colère et de Nicolas Lottin, président de l’Association des chasseurs de la baie de Somme. Interrogé par France 3, l’ex-conseiller général disait « sentir beaucoup de mépris de la part des gens qui nous gouvernent [...] Cet été les touristes, c’était open bar et maintenant on paye plein pot ».

Je ne vois pas ce qu’il y a de mal dans le fait de s’isoler dans sa hutte. Ce matin, j’ai vu les cars de ramassage scolaire, la moitié des gamins n’ont pas de masque. Idem pour les ouvriers que j’ai vus à plusieurs dans une camionnette, pas de masque non plus.

France Bleu rapporte qu’ils sont nombreux à braver l’interdiction de manifester malgré les risques d’amende. Beaucoup continuent à tirer depuis leur hutte dans les marais. Ils ne veulent pas être privés d’un des meilleurs moments de leur saison de chasse, affirment-ils.

« La police contrôle les randonneurs isolés mais ne fait rien contre les chasseurs »

La nouvelle a provoqué l’indignation des associations environnementales. « Alors que la police contrôle les randonneurs isolés qui n’ont pas le droit de sortir du périmètre de leur domicile, elle ne fait rien contre les chasseurs », se plaint l’Aspas, l’Association pour la protection des animaux sauvages.

Depuis le début de la semaine, la circulaire du ministère de la Transition écologique a créé un appel d’air. Les chasseurs continuent à faire pression sur le gouvernement pour obtenir le maximum de dérogations. Par exemple, la fédération de chasse des Hauts-de-France a exigé le maintien de l’agrainage des animaux et du nourrissage des appelants, le maintien de la chasse aux faisans et aux lièvres et la possibilité de se déplacer d’une région à l’autre pour réguler la population des sangliers et des cervidés.

Les associations écologistes examineront un à un les arrêtés préfectoraux de dérogation

Pour obtenir gain de cause, certaines fédérations n’ont pas lésiné sur le chantage. Dans les Landes, la fédération a dit vouloir bouder les battues de sangliers et de cervidés si la préfecture n’autorisait pas également la chasse de loisir.

Sur le forum chasse passion, plusieurs adeptes appellent aussi à boycotter ces battues :

« Trop fort nous sommes vraiment pris pour des imbéciles soit la chasse est ouverte soit elle est fermée, soyons solidaire entre tout chasseur laissons les avec leurs battues nous voulons la chasse pour tous et à chacun ces traditions et ça manière de chasser… » Christophe

Personnellement je participerais à aucune battue…je reste solidaire des chasseurs des petits gibiers et des chasses traditionnelles ! La carabine restera au râtelier et moi chez moi ! » Quentin

Les associations écologistes se sont dites très vigilantes et examineront un à un les arrêtés préfectoraux de dérogation.

  • Source : Reporterre
  • Photo : Les chasseurs à la hutte réunis à Saint-Valery pour revendiquer leur droit de chasser pendant le confinement. philippe.fluckiger

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