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En brefQuotidien

Des cosmétiques toxiques autorisés encore 15 mois dans les magasins

Chanel, LVMH, L'Oréal... Tous ont déboursé des sommes mirobolantes pour tenter d'influencer le vote. (Illustration)

Le verdict est tombé le 29 avril à midi : les eurodéputés ont adopté à une très large majorité (540 voix pour, 60 contre et 45 abstentions) le paquet législatif « Omnibus VI ». Cet ensemble de mesures, proposé par la Commission européenne, vise notamment à prolonger l’utilisation de substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR) dans les produits cosmétiques. Ce, pour une durée de quinze mois supplémentaires. Un temps pendant lequel ces cosmétiques toxiques resteront accessibles en rayon, au détriment de la santé des consommateurs et des consommatrices.

Rappelons que durant les derniers mois, les eurodéputés ont été la cible d’une vaste opération de séduction des lobbies du luxe français. Chanel, LVMH, L’Oréal... Tous ont déboursé des sommes mirobolantes pour tenter d’influencer le vote, ainsi que l’a révélé Reporterre. Le gouvernement français a lui-même intercédé en faveur des mastodontes des cosmétiques tricolores, pour présenter aux eurodéputés les avantages d’un allongement des délais de transition.

De prochaines négociations

Suite à ce vote, l’Omnibus VI fera l’objet de négociations (trilogues) avant d’être de nouveau validé par les colégislateurs (le Parlement et le Conseil européen).

Les associations environnementales sont nombreuses à déplorer ce vote, qui retarde le retrait du marché de substances néfastes pour la santé. « La priorité des décideurs politiques de l’UE devrait être de réduire la pollution chimique, conformément aux recommandations scientifiques en matière de prévention des maladies », a déclaré Sandra Jen, responsable du programme Santé et produits chimiques à l’ONG Health and Environment Alliance.

« Nous appelons toutes les parties prenantes aux prochaines négociations en trilogue à donner la priorité à la protection de la santé, et à veiller à ce que les consommateurs puissent continuer à avoir confiance dans le fait que la législation européenne les protège contre les substances chimiques nocives présentes dans les cosmétiques d’usage quotidien », a-t-elle poursuivi.

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