Des désaccords majeurs au sein du Débat national sur la transition énergétique

Durée de lecture : 3 minutes

15 juillet 2013 / Camille Martin (Reporterre)

Reporterre publie en avant-première les “Recommandations pour la transition énergétique de la France" qui seront discutées jeudi 18 juillet. Le consensus n’y est guère présent : nucléaire, économies d’énergie, gaz de schiste, lignes à très haute tension sont autant de clivages majeurs.


Jeudi 18 juillet, le conseil national du débat sur la transition énergétique se réunira pour adopter ses « Recommandations ». Voici le texte provisoire sur lequel il va discuter :

Le document énonce une série de « recommandations », que les parlementaires auront la liberté de suivre ou pas, lors de l’élaboration de la loi sur la transition énergétique. Ces recommandations se déclinent en une série de mesures générales et parfois très concrètes.

Mais le texte n’a pu gommer les clivages très vifs qui ont marqué toutes les discussions, et qui paraissent pour l’instant peu conciliables.

Voici ces oppositions, telles que le document les présente :

Diminuer la part du nucléaire ?

« Respecter l’engagement présidentiel de ramener à 50% la part de la production nucléaire dans le mix électrique d’ici à 2025. Certains acteurs expriment leur opposition à cet objectif. D’autres acteurs souhaitent à l’inverse que cette baisse soit plus rapide et s’inscrive dans une décision de sortie du nucléaire. »

Réduire fortement ou mollement la consommation d’énergie ?

Les scénarios de prévision qui intègrent la nécessité de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre, inscrite dans la loi depuis 2005, impliquent « une réduction de 50 % de la consommation énergétique finale à échéance 2050 (par rapport à la consommation constatée en 2012) ».

Mais tout le monde n’est pas d’accord :

« Il y a débat sur la nécessité et la capacité de réduire aussi fortement la demande. Certains acteurs, dont une majorité de territoires, considèrent que cet objectif est incontournable (un tel scénario a d’ores et déjà fait l’objet d’un consensus entre tous les acteurs en Pays de Loire). D’autres le considèrent excessif car contraire à la compétitivité à court terme. Ils proposent de le ramener à un rythme moins élevé, avec une réduction minimale de - 20% à 2050, en maintenant donc une consommation d’énergies fossiles plus élevée mais en recourant dès que possible, quand elles seront disponibles, aux nouvelles technologies nécessaires, notamment aux techniques de captage et séquestration de CO2. »

Encore davantage de lignes à très haute tension ?

Un bouquet énergétique diversifié et une consommation mal maîtrisée ? Alors, il faudrait plus de réseaux électriques. Mais tout le monde n’est pas d’accord :

« Deux points de vue existent quant aux modalités de développement des réseaux électriques : développer le réseau électrique et davantage d’interconnexions aux niveaux français et européens ; optimiser les réseaux existants, par le développement de réseaux intelligents avec ou sans stockage et rechercher des équilibres régionaux. »

Le gaz de schiste : oh non, il n’y a pas d’accord !

« Certains acteurs souhaitent que soient poursuivies les recherches en vue d’une exploitation possible de gaz et huiles non conventionnels sur le territoire français. D’autres soulignent que son exploitation ne contribuerait qu’à retarder l’action vers une économie sobre en énergie et en carbone et vers le développement des énergies renouvelables dont nous aurons besoin in fine. L’ensemble des acteurs s’accorde sur la nécessité de réaliser une étude de l’impact socio-économique (tourisme, emploi, prix de l’énergie) de l’exploitation des gaz de schiste. »



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Source : Camille Martin pour Reporterre

Ecouter aussi : Où en est le débat sur la transition énergétique et où va-t-il ?



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