Des milliers de succulentes arrachées au désert pour décorer nos maisons
En cinq ans, douze espèces de succulentes ont disparu du paysage en Afrique du Sud. - Pexel / CC / Pew Nguyen
En cinq ans, douze espèces de succulentes ont disparu du paysage en Afrique du Sud. - Pexel / CC / Pew Nguyen
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En Afrique du Sud, le trafic des succulentes, cactus et autres plantes grasses explose, au détriment de la biodiversité des déserts. La Revue XXI raconte dans une enquête publiée le 19 mai la fraude organisée autour de ces végétaux devenus, depuis quelques années, des produits de décoration très convoités partout dans le monde. Le procès de deux policiers et d’un botaniste de renom accusés d’avoir alimenté ce trafic international s’est ouvert en mars dans la ville sud-africaine de Springbok. Une nouvelle audience devrait avoir lieu en juin.
Un tiers des malacophytes (l’autre nom des succulentes) de la planète poussent dans les territoires arides d’Afrique du Sud. Des dizaines de milliers de plants sont volés directement dans le désert, raconte le média français, souvent par des petites mains, notamment des enfants sous-payés, voire payés en bonbons.
Douze espèces ont disparu du paysage
Une partie de ces végétaux finit dans les rayons des magasins aux États-Unis, en Asie, mais également en Europe. Mais il est difficile pour le consommateur de connaître l’origine exacte de ce qu’il achète. La Revue XXI a ainsi constaté, sur le site français d’Ikea, que la fiche produit de plusieurs succulentes vendues quelques euros indiquait « Origine : toutes zones à climat aride ». Celle d’un pot de Crassula ovata (ou arbre de jade) mentionnait « Afrique du Sud ». Ces plantes ont-elles grandi sous serre ou dans le désert ? L’enseigne suédoise n’a pas répondu au journal.
Depuis 2019, plus de 1,1 million de plantes auraient ainsi été saisies dans le pays, selon l’Institut national sud-africain de la biodiversité (Sanbi), interrogé par la revue. Le nombre d’interceptions serait passé de 22 000 en 2020 à environ 300 000 en 2022. « En l’espace de cinq ans, douze espèces ont déjà disparu du paysage », se désole Carina Becker-du Toit, coordinatrice scientifique chargée de la réponse au braconnage pour le Sanbi et le WWF.