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En bref — Pesticides

En Europe, des pesticides nocifs continuent d’être autorisés

Depuis 2018, la réglementation européenne prévoit l’interdiction progressive des pesticides ayant des effets perturbateurs endocriniens. Pourtant, de tels pesticides continuent de voir leur autorisation de mise sur le marché renouvelée, dénoncent les associations Générations futures (GF) et Alerte des médecins sur les pesticides (AMLP), dans un rapport paru ce mardi 29 mars.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances pouvant interférer avec notre système hormonal. Elles peuvent entraîner des problèmes de croissance, de reproduction, de développement du fœtus, etc. L’exposition au cours de la grossesse et de l’enfance sont en particulier à éviter.

Évaluations bâclées

Les deux associations se sont, elles, concentrées sur les pesticides perturbateurs de la thyroïde. Elles ont examiné les dossiers d’évaluation de 13 substances dont l’autorisation devait être renouvelée en 2021. Résultat : le rapport dénonce des dossiers « obsolètes », où « la revue de la littérature internationale n’est jamais réalisée de manière exhaustive », l’appui sur des tests qui « ne sont pas conçus pour mettre en évidence des effets de perturbation endocrinienne » et le fait que « les périodes de susceptibilité, comme la gestation par exemple, ne sont pas prises en compte ».

En l’état, l’Union européenne ne dispose pas dans ces dossiers d’éléments permettant de classer ces pesticides dans la catégorie des perturbateurs endocriniens. Pourtant, « l’EFSA (Autorité européenne de sécurité de l’alimentation, chargée de l’homologation des substances) les avaient repérées comme perturbant l’axe thyroïdien dans une étude de 2013 », rappelle Générations futures.

Des autorités toujours en attente des données

« Les autorités en charge de l’évaluation attendent toujours les données nécessaires à leur mise en œuvre (de la part des industriels) et les tests validés permettant la mise en évidence de mécanismes caractéristiques de la perturbation endocrinienne », regrettent les deux associations. Elles demandent donc une évolution de la législation, qui aujourd’hui ne permet pas d’identifier et retirer du marché une grande partie des pesticides perturbateurs endocriniens.

En attendant, les dossiers des 13 substances sont encore en cours d’examen et « les décisions finales sur le sort des substances seront publiées au mieux à la fin de l’année 2022, voire dans le courant de l’année 2023. Pendant ce temps les substances restent sur le marché », regrette le rapport.

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