En France, l’agriculture productiviste n’est plus compétitive

29 septembre 2018 / Campagnes solidaires

« Campagnes solidaires », le mensuel de la Confédération paysanne, consacre le dossier de son numéro 342 à la compétitivité au prisme de la réalité économique, sociale et environnementale de l’agriculture française.

  • Présentation de la revue par son éditeur :

Voici une présentation du dossier du no 342 de Campagnes solidaires

La compétitivité à contre-sens

Qu’arrive-t-il à Campagnes solidaires pour consacrer un dossier sur la compétitivité alors que ce terme n’est pas le nôtre ? Nous le combattons même, puisqu’il est le carburant idéologique de celles et ceux qui cogèrent l’agriculture en totale complicité avec l’agro-industrie.

Carburant idéologique, disais-je : ce vocable participe à une acceptation de prix à la production très bas pour gagner des pseudo parts de marché, arracher des financements publics conséquents, des optimisations fiscales et sociales que chaque paysan·ne non salarié·e paiera cash le jour de la retraite venu.

Alors pourquoi ce dossier ? Parce que le représentant de la Confédération paysanne au Conseil économique social et environnemental (Cese) a présenté et fait adopter en début d’année un avis devant cette « 3e Assemblée de la République » composée des représentant·es des corps sociaux du pays (patronat, syndicats, associations). L’avis dissèque la réalité économique, sociale et environnementale de l’agriculture française.

Qu’y voit-on et qu’y dit-on ? « L’excédent de la balance commerciale agroalimentaire provient essentiellement des vins et spiritueux et la valeur ajoutée des grandes cultures est faible, voire nulle si on tient compte des aides publiques. » « Pour de nombreux produits standardisés, la concurrence mondiale est devenue féroce et les producteurs et industriels n’ont aucun intérêt a se positionner sur ces marchés. La montée en gamme permettra d’accéder à des marchés plus valorisants. » Autre bonne révélation : « Le travail ne doit plus être considéré comme un coût mais comme créateur de valeur ajoutée », comparant la filière laitière française et la filière allemande, avec un avantage de 20.000 emplois en France grâce aux produits de qualité. Autre satisfaction : « Les pratiques agroécologiques et biologiques doivent être encouragées, au regard des aménités qu’elles fournissent, et pourraient être financées par une fiscalité écologique en taxant l’azote minéral, les pesticides et les gaz a effets de serre. »

La FNSEA a voté contre, montrant son isolement sociétal puisque l’avis a été adopté par le Cese par 122 voix pour, 15 abstentions et 32 votes contre (les seuls groupes de la FNSEA et du Medef).

Voilà donc un dossier à partager afin d’alimenter notre campagne pour les élections professionnelles de janvier, démontrer qu’une page de l’agriculture va se tourner, que nous sommes les précurseuses et les précurseurs de ce que sera l’agriculture demain. La modernité a changé de camp.

Christian Boisgontier,
paysan retraité dans l’Orne,
directeur de la rédaction





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