En Île-de-France, la biodiversité déjà fortement bouleversée par le réchauffement climatique
Certaines espèces adaptées aux conditions fraîches comme la cordulie bronzée, une libellule, déclinent nettement en Île-de-France. - © Wikimedia Commons / CC BY 3.0 / Christian Fischer
Certaines espèces adaptées aux conditions fraîches comme la cordulie bronzée, une libellule, déclinent nettement en Île-de-France. - © Wikimedia Commons / CC BY 3.0 / Christian Fischer
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En Île-de-France, la biodiversité est déjà profondément affectée par le changement climatique et les autres pressions de l’activité humaine. C’est ce que montre une étude dévoilée le 8 avril par l’Agence régionale de la biodiversité (ARB). Selon le rapport, les communautés animales et végétales franciliennes se réorganisent sous l’effet du réchauffement climatique. « La biodiversité ne disparait pas uniquement, note l’ARB, elle se redistribue », ce qui fragilise les équilibres écologiques et les interactions entre espèces.
Plus concrètement, certaines espèces adaptées aux conditions fraîches comme la cordulie bronzée, une libellule, déclinent nettement. À l’inverse, celles associées aux températures élevées progressent : la mante religieuse est ainsi aujourd’hui « largement établie » en Île-de-France, tout comme plusieurs espèces d’orchidées.
Les milieux aquatiques ne sont pas épargnés : « La hausse des températures
de l’eau, combinée à des baisses de débits estivaux pouvant atteindre 30 %, fragilise la reproduction des espèces sensibles et déstabilise les zones humides. »
Parier sur les zones humides et les forêts diversifiées
Quant aux milieux agricoles, qui occupent près de la moitié de la région, ils sont « les premières victimes de l’extension de l’artificialisation » et « en première ligne des milieux touchés par le changement climatique ». La biodiversité qu’ils accueillent est en fort déclin, les sècheresses et gels tardifs fragilisent les rendements, et les cultures sont moins aptes à résister aux parasites et pathogènes.
Enfin, les espaces urbains amplifient localement le réchauffement, ce qui accentue le stress sur la faune et la flore. À l’inverse, les milieux forestiers jouent encore un rôle de refuge grâce à des conditions plus stables, même si cette fonction risque de s’atténuer.
Soulignant le fait que climat et biodiversité sont indissociables, l’ARB recommande des « solutions basées sur la nature » : « Zones humides fonctionnelles, forêts diversifiées, friches urbaines, sols perméables, murs végétalisés : ces éléments contribuent simultanément à rafraichir le climat local, gérer l’eau, stocker du carbone et maintenir des habitats favorables. »