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En bref — Eau, rivières, océans

En Iran, le manque d’eau provoque des manifestations

La rivière Zayandeh à sec à Ispahan.

Sécheresse chronique, pénuries, coupures d’électricité… L’Iran traverse depuis plusieurs années une crise de l’eau poussant de nombreux Iraniens à manifester dans les rues. Depuis plus de deux semaines, les protestations se sont accrues dans la région d’Ispahan, où les habitants reprochent aux autorités de détourner l’eau de la rivière Zayandeh Rud de cette ville du centre du pays jusqu’à la province voisine de Yazd, qui manque aussi d’eau.

Vendredi 26 novembre, des heurts ont éclaté entre les forces de police et les protestataires, parmi lesquels des agriculteurs dont les cultures se tarissent. Selon le porte-parole de l’hôpital universitaire d’Ispahan, Nourodin Soltanian, cité samedi par l’agence de presse Mehr, plusieurs manifestants ont été blessés, dont « deux dans un état grave ». « Nous avons arrêté 67 des principaux auteurs et fauteurs de troubles », a déclaré à l’agence de presse Fars le général Hassan Karami, un haut responsable de la police nationale. Depuis, la police anti-émeute est déployée dans la ville et dissuade les habitants d’approcher le secteur du pont Khadjou, près du fleuve qui est, comme souvent, asséché.

L’Iran est durement touché par le changement climatique, à quoi s’ajoutent la pression démographiques et le résultat de mauvais choix de gestion de la ressource en eau, expliquait en juillet, à Reporterre, le spécialiste de l’Iran Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) : « L’eau est surconsommée par une population de plus en plus nombreuse et par les industries, mais également en raison du développement d’une agriculture nécessitant beaucoup d’eau. Les manifestants dénoncent régulièrement le fait que la République islamique d’Iran a construit trop de barrages depuis la révolution, ce qui contribue à épuiser la ressource [647 étaient en fonction en 2015, favorisant ainsi l’assèchement des zones humides.]. Enfin, depuis le début des années 2010, l’État sous-investit dans l’entretien du réseau de distribution d’eau, les eaux usées ne sont plus assez traitées, ce qui s’explique en partie par le régime de sanctions que subit le pays. Il en résulte les coupures d’électricité et les sécheresses chroniques, d’une ampleur sans précédent. »

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