En Mayenne, l’incendie d’une entreprise aurait provoqué la pollution d’une réserve d’eau et d’un étang

Durée de lecture : 3 minutes

23 juillet 2020



Dans la petite commune de La Gravelle, en Mayenne (53), les bâtiments de l’entreprise Léa composites (un fabricant de coques de piscines en polyester) ont été détruits lors d’un violent incendie le 1er juin 2020.

Une partie des eaux d’extinction (les eaux qui ont été utilisées pour lutter contre le feu, qui ont donc transporté des résidus de l’entreprise) se sont ensuite déversées dans une réserve incendie de 300 m3 située en aval du site, puis dans une zone humide d’environ 8.000 m², en amont d’un étang et d’un ruisseau. Le SDIS (service départemental d’incendie et de secours) a déclaré avoir fermé la vanne d’alimentation de l’étang au moment de l’incendie, par précaution.

L’incendie a ravagé l’entreprise Léa composites

Les 2 et 3 juin, la Dreal (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) a réalisé une visite d’inspection et constaté que les eaux de la zone humide avaient été souillées par les eaux d’extinction.

D’après la presse locale, la vanne d’alimentation reliant la zone humide à l’étang a été rouverte le 26 juin par les services de l’agglomération. Les jours suivants, 200 kilos de poissons morts ont été retrouvés dans l’étang. L’eau était devenue noire et une odeur nauséabonde s’en dégageait.

Des traces de titane, d’hydrocarbures, et d’arsenic observées dans les sédiments

Des prélèvements (eaux et sédiments) avaient été effectués quelques jours auparavant, le 16 juin, mais n’ont rendu leurs résultats que le 10 juillet. « Aucun impact significatif [de l’incendie] n’a été observé », peut-on lire dans le rapport. Toutefois, certains échantillons ont affiché des valeurs au-dessus des moyennes.

Un échantillon de sédiments prélevés dans la réserve incendie a présenté une teneur en titane de 72,9 mg/kg de matière sèche (MS), alors que la gamme de valeurs couramment observées dans les sols est comprise entre 0,1 et 1,7 mg/kg MS. Cette forte concentration en titane (que l’on retrouve dans la composition des coques de piscine fabriquées à La Gravelle) « doit probablement être due au déversement des eaux d’extinction », indique le rapport.

L’étang de la Gravelle.

Des échantillons prélevés dans la réserve incendie et dans l’étang ont également montré des traces d’hydrocarbures (indice hydrocarbures C10-C40, de 1.650 mg/kg MS et 425 mg/kg MS, alors que la valeur seuil est de 500 mg/kg MS). Cette forte concentration « peut être due au déversement des eaux d’extinction dans la réserve incendie mais aussi aux autres activités ayant lieu sur la ZI, car le bassin recueille les eaux de voiries et pluviales d’une partie de la ZI », observe-t-on dans le rapport.

Enfin, une forte teneur en arsenic a été observée dans un échantillon de sédiments prélevés dans l’étang : 49,9 mg/kg MS alors que la gamme de valeurs couramment observées est comprise entre 1,0 et 25,0 mg/kg MS. Cette fois, cette teneur ne serait pas due à l’incendie car « les sédiments prélevés en amont ne révèlent pas de teneur importante en arsenic ».

Ainsi, l’incendie de l’entreprise aurait au moins conduit à la présence de titane et d’hydrocarbures dans la réserve d’incendie et dans l’étang. Le rapport indique qu’il est donc recommandé de « purger les sédiments de la réserve incendie ». En outre, une deuxième campagne de prélèvements sur les sédiments de la zone humide purgée devrait statuer sur l’éventuelle pollution des eaux d’extinctions sur celle-ci. Contactée, la Dreal n’a pas pu donner de précisions sur ces purges et prélèvements prévus, les personnes s’occupant de ce dossier étant absentes pendant les vacances.

  • Source : Reporterre
  • Photos : © Philippe Guitton-Boussion




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