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En deux ans de Covid, les milliardaires ont doublé leur fortune

Bernard Arnault, patron de LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy), a doublé ses richesses depuis le début de la pandémie.

Le Covid-19 n’a pas été une mauvaise nouvelle pour tout le monde, on le sait désormais. Oxfam confirme dans un rapport, publié lundi 17 janvier que les inégalités ont augmenté durant la pandémie. Il nous apprend que dans le monde, la fortune des milliardaires a augmenté plus vite depuis le début de la crise du Covid-19 que pendant les dix années précédentes. Oxfam a effectué ses calculs sur les dix-neuf premiers mois de la pandémie, de mars 2020 à octobre 2021.

En particulier, « la fortune des dix hommes les plus riches au monde a doublé », indique l’ONG, tandis que pendant ce temps, « 99 % de l’humanité a des revenus moins importants que prévu à cause [du] Covid-19 ». 160 millions de personnes sont de surcroît tombées dans la pauvreté, indique le rapport. Sans surprise malheureusement, les femmes, les personnes racisées et les habitants des pays en voie de développement sont les plus représentés parmi les victimes de la crise.

Cinq personnes possèdent à elles seules autant que les 40 % les plus pauvres en France

En France, ce sont les cinq premières fortunes [1] qui ont « doublé leur richesse depuis le début de la pandémie ». Cinq personnes qui « possèdent à elles seules autant que les 40 % les plus pauvres en France ». En dix-neuf mois, ces milliardaires ont gagné, selon Oxfam, 173 milliards d’euros supplémentaires, « soit presque autant que ce que l’État a dépensé pour faire face au coronavirus en un an, toutes dépenses confondues ». Cet enrichissement leur a aussi permis d’accroître leur pression nuisible sur le climat, comme l’indique le graphique ci-dessous.

Infographie extraite du rapport d’Oxfam

L’ONG estime que les politiques mises en place par les gouvernements pour soutenir l’économie face à la pandémie ont permis cet enrichissement massif. L’argent public a été « versé sans condition par les gouvernements et les banques centrales », dénonce l’ONG.

Pendant ce temps, de nombreuses personnes sont mortes, rappelle en préambule du rapport l’économiste indienne et membre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Jayati Ghosh. Parce qu’elles « n’avaient pas reçu de vaccins à temps, alors que ces vaccins auraient pu être produits et distribués plus largement si la technologie avait été partagée ». Parce qu’elles « n’ont pas reçu les soins hospitaliers essentiels […] dans des systèmes de santé publique sous-financés ». Parce qu’elles « n’avaient plus les moyens d’acheter de quoi manger ». Ou encore, « parce que leurs gouvernements ne pouvaient pas — ou ne voulaient pas — leur fournir la protection sociale indispensable pour survivre à la crise », liste-t-elle.

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