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En bref — Énergie

En pleine urgence climatique, TotalEnergies annonce des bénéfices énormes

Tour Total Michelet, à La Défense, à Puteaux.

16 milliards de dollars, soit près de 14 milliards d’euros : tels sont les bénéfices nets enregistrés par TotalEnergies pour l’année 2021, dans un contexte de hausse des prix du pétrole et du gaz. La moitié de ces profits — les plus élevés depuis 2007 — rémunéreront les actionnaires. Des résultats d’autant plus exceptionnels que la firme avait perdu 7 milliards de dollars, l’année précédente, en raison de la crise sanitaire.

Comme pour anticiper l’annonce de ces résultats le 10 février, le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné a annoncé sur RTL, la veille, deux gestes commerciaux à l’égard des ménages français. Une réduction de 5 euros pour un plein de 50 litres, ou de 2 euros pour 20 litres, dans 1 150 stations-service du groupe situées en zone rurale. Et un « chèque gaz » de 100 euros pour ses clients en situation de précarité énergétique, soit environ 200 000 personnes. Le tout pour un coût estimé à 50 millions d’euros.

Dans une note intitulée La pseudo neutralité carbone de TotalEnergies diffusée en parallèle des résultats du groupe le 10 février, Greenpeace dénonce la stratégie d’écoblanchiment de la firme. Elle l’accuse d’omettre sciemment d’intégrer à ses calculs « la partie de son activité la plus émettrice de gaz à effet de serre » et d’éviter « de chiffrer sa trajectoire de neutralité carbone » ou encore de « surestimer l’efficacité des solutions de stockage de carbone ». Selon l’ONG, alors que la firme émet environ 460 millions de tonnes de CO2 par an, elle ne s’engage sur la neutralité carbone que sur ses opérations industrielles (soit 45 millions de tonnes). Greenpeace pointe par ailleurs que les activités de TotalEnergies sur les énergies renouvelables ne représentent que 2 % de ses investissements et ses projets de puits de carbone ne permettraient de stocker que 1,2 % de ses émissions actuelles.

« Le capitalisme, aujourd’hui, c’est une entreprise pétrolière qui annonce les profits les plus élevés de l’histoire du pays en pleine urgence climatique ; j’ai bon ? » a tweeté Clément Sénéchal, porte-parole climat de Greenpeace France.

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