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En brefGuerres et Armées

Essais nucléaires : les parlementaires réclament plus d’indemnisation des victimes

De 1966 à 1996, l’armée française a fait exploser 193 bombes atomiques en Polynésie.

Les victimes des essais nucléaires français doivent être mieux indemnisées. Telle est la conclusion du rapport de la commission parlementaire sur les essais nucléaires, dévoilé par France Culture le 17 juin. Les parlementaires préconisent en particulier de revoir le seuil de radiations auquel les victimes ont dû être exposées pour être indemnisées, qu’ils jugent trop restrictif.

Depuis 2010, la loi Morin impose trois critères d’indemnisation : avoir séjourné en Polynésie française entre 1966 et 1996, avoir développé 1 des 23 cancers radio-induits et avoir été exposé à 1 millisievert minimum. Or, selon un comité scientifique des Nations unies, il n’y a pas 23 mais 36 maladies radio-induites, parmi lesquelles des affections cardiovasculaires comme les AVC. Les parlementaires préconisent donc d’élargir la liste.

Enfin, le seuil de 1 millisievert n’aurait pas de valeur scientifique, comme l’a reconnu le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) lui-même. Il est par ailleurs très difficile pour les habitants de prouver qu’ils ont atteint ce seuil d’exposition, comme l’a expliqué un ancien militaire sur France inter.

De 1966 à 1996, l’armée française a fait exploser 193 bombes atomiques en Polynésie, dont certaines avaient une puissance 120 fois supérieure à celle larguée sur Hiroshima. Aujourd’hui, seuls 40 % de ceux qui constituent un dossier d’indemnisation obtiennent une réparation, soit quelques centaines de personnes. En 2023, sur 564 nouvelles demandes d’indemnisation, 151 victimes ont pu être indemnisées, pour un montant total d’environ 12,2 millions d’euros. Pourtant, 12 000 Polynésiens ont travaillé sur les sites des essais.

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