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En brefPesticides

Exposées au chlordécone, les femmes mettent plus de temps à être enceintes

Ce pesticide a été utilisé aux Antilles dans les plantations de bananes jusqu'en 1993. Ici à Fort-de-France, en Martinique, le 22 septembre 2024.

L’exposition des femmes au chlordécone — pesticide utilisé massivement aux Antilles jusqu’à son interdiction en 1993 — est associée à un allongement du délai pour concevoir un enfant, selon une étude de l’Inserm publiée le 16 octobre.

Les chercheuses et chercheurs ont analysé les données de la cohorte Timoun, qui rassemble 668 femmes enceintes de Guadeloupe de 2004 à 2007, en croisant les concentrations de chlordécone mesurées dans le sang et le temps écoulé entre l’arrêt de la contraception et la survenue d’une grossesse. Résultat : les femmes présentant les concentrations les plus élevées de ce polluant (> 0,4 µg/L) avaient une probabilité réduite de concevoir au cours d’un cycle menstruel d’environ 24 à 28 %, par rapport aux moins exposées.

Si cette association ne prouve pas à elle seule un lien de causalité, l’étude s’inscrit dans une série d’indices expérimentaux cette fois chez l’animal suggérant que le chlordécone pourrait altérer l’ovulation ou la réserve ovarienne. Par ailleurs, plusieurs études ont montré que l’exposition au chlordécone est associée à des effets néfastes sur la grossesse (risque augmenté de prématurité) et le développement de l’enfant (moins bons scores aux tests cognitifs et difficultés comportementales après une exposition prénatale et postnatale).

Les autrices et auteurs appellent à approfondir les recherches par l’étude Karu-Fertil, en cours en Guadeloupe, et à renforcer les actions de santé publique visant à limiter l’exposition, particulièrement chez les femmes en âge de procréer.

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