« Faire bloc » : l’appel des syndicats de l’OFB, l’Anses et de l’Ademe contre les politiques d’austérité
Olivier Ledouble (à g.), secrétaire de la CGT Environnement, et Léo Mariasine, délégué syndical CGT de l’Institut Paris Région, à Paris le 26 novembre 2025. - © NnoMan Cadoret/Reporterre
Olivier Ledouble (à g.), secrétaire de la CGT Environnement, et Léo Mariasine, délégué syndical CGT de l’Institut Paris Région, à Paris le 26 novembre 2025. - © NnoMan Cadoret/Reporterre
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Coupes budgétaires, emplois menacés... Alors que les agences de la transition écologique et sociale sont affaiblies par le budget 2026, leurs syndicats ont appelé à « faire bloc » contre cette « extrême droitisation ».
Paris, reportage
« Camarades, nous avons tout intérêt à multiplier ces moments d’échange entre nous », lance Olivier Ledouble, secrétaire de la CGT Environnement, Office français de la biodiversité (OFB) et Parcs nationaux. Le 26 novembre, une quinzaine de syndicats d’opérateurs et d’agences de la transition écologique, sociale et sanitaire se sont réunis en assemblée générale à la Bourse du travail, à Paris. Le but de ces représentants CGT de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), de l’Agence de la transition écologique (Ademe), de Météo-France ou encore de Santé publique France, qui ont décoré l’austère salle de drapeaux de leurs organisations : dénoncer les « attaques » que subissent leurs établissements depuis 2024 et, surtout, commencer à s’organiser collectivement afin de défendre leur métier et leurs missions de service public.
Volonté de parlementaires de droite et d’extrême droite de supprimer l’OFB et l’Ademe, projet de loi de finances 2026 annonçant a priori d’énièmes coupes budgétaires, réduction des effectifs, souffrance au travail chez les agents… Les motifs d’inquiétude sont nombreux parmi la cinquantaine de personnes présentes à cette réunion (plus une trentaine en visio), toutes effarées par le backlash écologique et social particulièrement violent qu’ils vivent depuis plusieurs mois.
« Nous devons faire bloc contre ces politiques austéritaires : il est temps de mettre l’intérêt général au cœur des politiques publiques », renchérit Olivier Ledouble, chasuble rouge de son syndicat sur le dos.
Léo Mariasine, délégué syndical CGT de l’Institut Paris Région, confirme : « La destruction de nos établissements entrainerait une perte considérable de compétences, lesquelles ne seraient pas remplacées. » Et de souligner comment, malgré les « spécificités » propres à chaque structure, l’heure est venue de s’organiser de façon conjointe.
« En termes de situation objective, nos établissements subissent tous les mêmes choses : suppression d’emplois et augmentation du nombre de contractuels, fusions à répétition, érosion des subventions, etc. Nous assistons à l’extrême droitisation d’une grande partie de la classe politique, et c’est contre cela qu’il faut nous révolter collectivement — sinon, ils vont nous bouffer tout cru ! » dit-il. Il rappelle également comment l’affaiblissement de ces agences et opérateurs, en plus de précariser davantage les travailleurs, aura des conséquences sociales et environnementales désastreuses.
Didier, délégué CGT à l’Ademe, abonde : « Si l’on devait assister à la suppression ou à la réduction drastique de nos missions, ce serait la fin de milliers de projets sur la décarbonation des industries, sur la rénovation thermique des bâtiments… En bref, cela freinerait toutes les actions de la transition écologique. »
Pacte de solidarité
Si les prémisses de ce front commun avaient déjà émergé en juin à l’occasion de la publication d’une tribune dans Le Monde, l’assemblée générale du jour marque ainsi une nouvelle étape selon ses participants. « Aujourd’hui, nous sommes en train de construire un signal très fort : celui de dire qu’à partir de maintenant, on ne touchera plus à une seule de nos structures sans que les autres ne la défendent », assure ainsi avec emphase Léo Mariasine, qui souligne que cette initiative n’émane pas de la confédération, mais de « la base ».
La proposition suscite l’enthousiasme dans la salle, qui vote à l’unanimité pour un « pacte de solidarité » entre établissements. D’autres motions sont adoptées : le fait de rencontrer les différents groupes parlementaires avant fin décembre, l’organisation d’états généraux inter-organisations en 2026 ou encore la construction d’une grève conjointe à partir de janvier 2026. L’idée de convier d’autres syndicats, au-delà de la CGT, est également évoquée.
« Aujourd’hui, c’est bien une bataille idéologique qui s’est engagée, résume un représentant de la CGT Équipement et environnement. Ce n’est pas anodin que la droite et l’extrême droite choisissent de s’attaquer aux services publics : il s’agit pour eux de répondre aux objectifs du capital. En tant que syndicats, nous devons combattre cela. »