Fukushima : Tepco reconnaît la gravité des fuites d’eau

Durée de lecture : 3 minutes

13 avril 2013 / AFP


Le patron de la compagnie d’électricité Tepco, exploitante de la centrale accidentée de Fukushima, a reconnu mercredi 10 avril la gravité de fuites d’eau contaminée constatées dernièrement et promis d’agir au plus vite pour vider les réservoirs défectueux.

« Nous reconnaissons que c’est une situation grave. Nous avons mis en place une cellule de crise pour traiter ce problème », a indiqué Naomi Hirose lors d’une conférence de presse dans le centre de rassemblement des ouvriers, J-Village, à une vingtaine de kilomètres du complexe atomique.

« Nous allons faire en sorte de retirer toute l’eau des réservoirs souterrains », a-t-il expliqué, précisant qu’il espérait que cette opération serait achevée d’ici à début juin.

En attendant que toute l’eau soit transvasée ailleurs, les fuites devraient être pompées au fur et à mesure pour éviter une contamination du sol.

Tokyo Electric Power (Tepco) avait fait état en fin de semaine dernière d’un premier écoulement d’eau en provenance d’un réservoir creusé dans le sol et recouvert de revêtements censés empêcher l’eau de s’infiltrer dans la terre.

Las, d’autres fuites ont été constatées ensuite, portant à trois le nombre des réservoirs souterrains affectés sur les sept existants.

« Nous ne connaissons toujours pas la raison de ces fuites, mais nous travaillons d’arrache-pied avec l’industriel concerné pour élucider le promène », a assuré M. Hirose.

Dans la mesure des capacités disponibles, Tepco va transférer l’eau de ces réservoirs vers d’imposantes cuves posées au sol, comme c’est déjà le cas pour une grande partie de l’eau accumulée, mais cela exige des travaux pour installer ces équipements.

« Nous voulons résoudre ce problème au plus vite, mais matériellement cela ne se fait pas en une journée », a insisté le patron, promettant la construction de nouvelles cuves « le plus vite possible ».

Tepco s’engage également à surveiller très étroitement par des prélèvements le terrain menant jusqu’à la mer pour s’assurer que l’eau hautement radioactive ne se répand pas dans l’océan Pacifique contigu malgré les dispositions prises.

L’eau radioactive en question est issue du refroidissement des réacteurs ravagés. Elle est partiellement décontaminée et recyclée pour continuer à refroidir le combustible, mais il existe un excédent qui doit être stocké avant de passer dans un deuxième dispositif de filtrage, actuellement en cours de test.

Le surplus quotidien s’élève à 400 tonnes par jour et le total déjà accumulé se monte à environ 280.000 tonnes pour une capacité de stockage totale de 331.000 tonnes (cuves terrestres et réservoirs souterrains compris).

A cause de ces fuites qui rendent inutilisables en l’état les réservoirs souterrains, Tepco arrive au taquet et doit accélérer la construction de nouvelles cuves, une tâche « pas facile », selon le groupe compte tenu des circonstances dans lesquelles oeuvrent les travailleurs. Un projet d’extension était planifié pour septembre, il va être avancé.

Les problèmes se multiplient ces dernières semaines à la centrale Fukushima Daiichi mise en péril par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, ce qui a conduit la compagnie à mettre en place une cellule de crise et les autorités à ordonner d’agir vite pour calmer la situation.

Tepco avait notamment rapporté une interruption du système de refroidissement de la piscine de désactivation du combustible usé du réacteur 3, une avarie vraisemblablement provoquée par des travaux pour empêcher une récidive d’une grave panne d’électricité survenue les 18 et 19 mars.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance, Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaire ni actionnaire, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et nous laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l’environnement comme sujet majeur de société, compte — cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source et photo : GoodPlanet.info

Lire aussi : Fukushima : possible fuite d’eau radioactive dans un réservoir souterrain

DOSSIER    Fukushima

27 juillet 2019
Voiture reine, magasins à perte de vue... Bienvenue à la zone commerciale géante de Plan-de-Campagne
Reportage
26 juillet 2019
L’association La Bascule, instrument macronien ou outil du changement ?
Enquête
25 juillet 2019
Éradiquer les punaises de lit, une véritable guerre des nerfs
Enquête


Dans les mêmes dossiers       Fukushima