Hantavirus en France : 5 personnes hospitalisées, 22 cas contacts
Les passagers français du bateau de croisière ont été transférés en ambulance à l'hôpital Bichat depuis l'aéroport du Bourget où ils ont été rapatriés. - © Xavier Galiana / AFP
Les passagers français du bateau de croisière ont été transférés en ambulance à l'hôpital Bichat depuis l'aéroport du Bourget où ils ont été rapatriés. - © Xavier Galiana / AFP
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Avec cinq personnes hospitalisées à Paris, et vingt-deux cas contacts en France, le gouvernement doit composer avec les cas d’hantavirus, un pathogène à la létalité importante qui a infecté des participants à une croisière.
Mise à jour : Lundi 11 mai au soir, Sébastien Lecornu a annoncé un durcissement des règles d’isolement. Désormais, « tous les cas contacts, sans exception » doivent respecter « une quarantaine renforcée en milieu hospitalier ». Jusqu’ici seuls les cinq personnes ayant séjourné à bord du navire de croisière étaient à l’hôpital, mais désormais cette règle s’applique également aux 22 Français cas contacts après avoir voyagé à bord du même vol qu’une personne contaminée, il y a quinze jours.
Cinq Français ont été rapatriés depuis le navire de croisière MV Hondius, où a été détecté un foyer d’hantavirus, un pathogène pouvant provoquer une grave détresse respiratoire et cardiaque, qui a déjà fait trois morts à la date du 3 mai selon l’Organisation mondiale de la Santé. « Dans les cinq Français, une des personnes a eu des symptômes pendant le voyage » et son état s’est « dégradé cette nuit » puis « les tests sont revenus positifs à [un] hantavirus » a indiqué la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lundi 11 mai.
« La patiente française a commencé à se sentir mal pendant le vol, et non lorsqu’elle se trouvait à bord du navire », a déclaré le ministère de la Santé espagnol. 22 cas contacts ont également été détectés, mais sans lien direct avec les cinq Français hospitalisés. Huit d’entre eux étaient à bord du vol ralliant Sainte-Hélène à Johannesburg, le 25 avril, dans lequel se trouvait une Néerlandaise par la suite morte de l’infection en Afrique du Sud. Les quatorze autres étaient dans le vol Johannesburg-Amsterdam, dans lequel la femme décédée a également voyagé. Ces cas contacts doivent s’autoconfiner, ont déclaré les autorités.
Importante létalité, longue incubation, absence de traitement
D’après les estimations, le taux de létalité de l’hantavirus serait important : 38 % selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies étasunien cité par Le Monde, jusqu’à 60 % selon Santé publique France. « La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminés par les excrétions des animaux infectés (urines, déjections, salive) », poursuit l’organisme français. Entre humains, il peut se transmettre par aérosols, a déclaré la ministre de la Santé. Sa période d’incubation peut s’étendre de une à six semaines. Il n’existe pas de vaccin ou traitement spécifique contre cette infection, uniquement un traitement des symptômes.
Un décret visant à lutter contre la propagation du virus a été pris par le gouvernement dans la nuit du 10 au 11 mai. Annoncé dimanche 10 mai par Sébastien Lecornu, le texte prévoit que toute personne ayant séjourné à bord du navire de croisière sera obligatoirement placée en quarantaine dans un établissement de santé « pour la durée nécessaire à la réalisation d’une évaluation médicale et épidémiologique ».
150 personnes de 23 nationalités à bord de la croisière
Les quatre Français ne présentant pour l’instant pas de symptômes seront ainsi gardés « au moins quinze jours » à l’hôpital Bichat à Paris, a précisé la ministre de la Santé. Ils pourront ensuite être encore maintenus en quarantaine, ou placés à l’isolement pendant 42 jours chez eux, ou bien dans un autre lieu, selon les circonstances.
Parti d’Ushuaïa, dans le sud de l’Argentine, le bateau avait pour destination le Cap-Vert. Au total, 150 personnes de 23 nationalités différentes étaient présentes à bord. Dimanche 10 mai, 94 d’entre elles avaient été évacuées pour être rapatriées dans leur pays. Le navire MV Hondius, géré par une compagnie néerlandaise, doit repartir pour les Pays-Bas ce 11 mai, avec encore 26 passagers à son bord.