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Énergie

Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie, poussée vers la sortie

Le conseil d’administration d’Engie a décidé de ne pas renouveler le mandat de la directrice générale Isabelle Kocher, qui doit prendre fin en mai, a annoncé jeudi 6 février le géant de l’énergie. « Le conseil d’administration a considéré que l’approfondissement de la stratégie nécessitait un nouveau leadership. Il a décidé de ne pas proposer le renouvellement de ce mandat d’administrateur à l’occasion de la prochaine assemblée générale, ce qui mettra fin à ses fonctions de directrice générale », a indiqué le groupe dans un communiqué.

« Isabelle a conduit des réalisations très positives, mais elle n’a pas réussi à démontrer qu’elle était la bonne personne pour approfondir la mise en œuvre de cette transformation », a réagi Jean-Pierre Clamadieu, le président du conseil d’administration auprès du journal Les Échos. « Nous reconnaissons qu’elle a été une très bonne initiatrice de la transformation de l’entreprise, a-t-il poursuivi. Mais le conseil a jugé que nous avons pris du retard en quatre ans dans le domaine des activités de génération d’électricité et d’infrastructures gazières, qui représentent aujourd’hui 80 % de nos profits. » Il cite aussi l’incertitude sur l’avenir de l’activité nucléaire en Belgique ou sur la place du gaz en France.

Dans un tweet, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot a demandé « au gouvernement, à Emmanuel Macron, de soutenir publiquement cette transition énergétique et cette femme de courage » qui « bouscule tout le monde ».

Économiste et porte-parole d’Attac, Maxime Combes a pour sa part estimé dans un thread que faire d’Isabelle Kocher « le parangon absolu de l’écologie » était une « erreur factuelle ». « Engie, c’est le gaz, pas la transition vers le zéro fossile ; du lobbying intense contre les énergies renouvelables ; et du greenwashing », a-t-il dénoncé. « Engie a continué à construire des centrales au charbon, comme dans le port de Safi, au Maroc, et opère encore des centrales à charbon dans plusieurs autres pays et la compagnie parisienne de chauffage urbain brûle toujours du charbon. Par ailleurs, Engie n’a réellement fermé qu’une poignée de centrales à charbon : la majorité des ex-centrales d’Engie ont été revendues », a-t-il poursuivi. Avant d’attaquer la politique de développement du gaz d’Engie : « C’est oublier un peu vite (comme le fait la tribune en soutien à Isabelle Kocher dans Les Échos) que le gaz est une énergie fossile. De nombreuses études récentes montrent que l’empreinte carbone du gaz et le forçage radiatif sont largement sous-estimés. Ainsi, l’empreinte carbone du gaz de schiste pourrait in fine être supérieure à celle du charbon. Or, il se trouve qu’Engie a fortement contribué, par ses investissements initiaux, à encourager et permettre l’import de gaz naturel liquéfié des États-Unis (ou l’on produit du gaz de schiste) et que ses infrastructures en Europe permettent de le réceptionner et le distribuer… »

  • Sources : 20 Minutes et Twitter
  • Photo : Isabelle Kocher en novembre 2018. Wikipedia (Jérémy Barande/École polytechnique Université Paris-Saclay/CC BY-SA 2.0)

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