123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefJO 2030

JO d’hiver 2030 : Michel Barnier accusé de conflit d’intérêts

Michel Barnier a déjà dirigé le comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver, en 1992.

À peine censuré, le voilà déjà recyclé. Le 17 décembre, l’ancien Premier ministre Michel Barnier a accepté de provisoirement prendre les commandes du comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030, organisés dans les Alpes françaises. D’après Politico, l’objectif de cette manœuvre serait d’apaiser l’agitation autour du laborieux casting — un de plus en cette fin d’année — devant déterminer le visage du futur patron de l’événement.

Vendredi 20 décembre, le député de la Savoie Jean-François Coulomme (La France insoumise) a chargé Michel Barnier. Dans une lettre adressée à la procureure de Paris, que Reporterre a pu consulter, l’élu invite la magistrate à se pencher sur un éventuel « délit de prise illégale d’intérêts ».

Un poste accepté 5 jours après sa démission

Et pour cause : lors de son passage à Matignon, le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République a signé la lettre assurant le Comité international olympique de la garantie financière de l’État français. Avec un montant estimé à 900 millions d’euros, ce document a définitivement acté de la qualité d’hôte des Alpes françaises pour les Jeux d’hiver 2030. L’ancien Premier ministre connaît bien les JO d’hiver, puisqu’il avait piloté la dernière organisation de la compétition en France, en 1992 à Albertville (Savoie).

En acceptant une mission à la tête du comité d’organisation cinq jours seulement après avoir quitté ses fonctions, « Michel Barnier n’a pas attendu le délai légal de trois ans pour intégrer une entreprise privée avec laquelle il avait contracté », déplore Jean-François Coulomme.

Depuis la fin des Jeux parisiens, l’encre n’a eu de cesse de couler au sujet de la désignation du président du comité d’organisation pour 2030, le « Tony Estanguet des montagnes ». Pour l’heure, soutenue par Emmanuel Macron, la légende du biathlon Martin Fourcade semble l’option la plus probable. Un scénario qui déplaît fortement à Laurent Wauquiez, l’ex-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en passe de perdre son leadership. Pour disqualifier Fourcade, l’entourage du député Les Républicains dénonce un potentiel conflit d’intérêts en lien avec les sponsors du sextuple champion olympique, comme le relate Le Monde.

legende