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ReportageLuttes

« À bas les JO d’hiver » : les opposants aux Jeux 2030 dénoncent un événement mortifère

Manifestation contre les Jeux olympiques 2030 à Grenoble, le 7 février 2026.

Bilan carbone « effroyable », « frénésie immobilière »... Plusieurs centaines de personnes étaient réunies à Grenoble le 7 février pour protester contre l’organisation des JO d’hiver 2030 dans les Alpes françaises et contre un modèle à bout de souffle.

Grenoble (Isère), reportage

« La planète crame et on regarde la flamme. » Moins de 24 heures après l’allumage des deux vasques des Jeux olympiques (JO) d’hiver de Milan et de Cortina, une autre vasque olympique s’allume. Celle de Grenoble, héritée des Jeux de 1968. Celle-là n’a pas été enflammée par d’anciens athlètes, comme en Italie, mais par une planète qui brûle. Une structure hissée à l’aide de tiges en bambou par les manifestants d’un nouveau cortège NO JO. Une nouvelle manifestation qui se veut en écho au lancement des Jeux olympiques et paralympiques 2026 et qui rappelle que les JO 2030, qui doivent se dérouler dans les Alpes, sont loin de faire l’unanimité.

La manifestation est festive, avec une fanfare habituée des cortèges et une chanson reprise en chœur : « Aujourd’hui, on est ici pour crier notre colère. On espère une nouvelle ère, pas ces projets mortifères. » Et un refrain : « À bas les JO d’hiver, à bas les JO d’hiver ! » Dans le cortège qui s’élance de l’avenue des Jeux olympiques se trouvent des manifestants venus de Grenoble et sa région, mais aussi de la Drôme et de Briançon. Selon les organisations, 500 personnes étaient présentes.

« Les Jeux d’hiver ont une empreinte carbone effroyable »

Parmi eux, Francis Charpentier, vice-président de Mountain Wilderness. « Nous sommes pour le sport dès lors qu’il est respectueux des milieux. Mais là, nous avons des Jeux d’hiver qui ont une empreinte carbone effroyable [le déplacement en avion des athlètes et des spectateurs pesant le plus]. Ils accélèrent le réchauffement climatique dont souffre la montagne. En plus, les Jeux d’hiver sont toujours l’occasion d’une frénésie immobilière qui fait encore monter les prix, alors même que c’est déjà de plus en plus compliqué de vivre en montagne. »

Outre Mountain Wilderness, de nombreuses autres associations et organisations sont représentées, d’Attac à la Confédération paysanne, en passant par Alternatiba.

Lire aussi : JO d’hiver en Italie : neige artificielle, flambée de l’immobilier et privatisation dénoncés par les opposants

Au-delà de la critique du modèle des Jeux d’hiver jugé à bout de souffle, les organisateurs des Jeux 2030 sont particulièrement ciblés. Le Cojop, le comité chargé de l’organisation de ces Jeux, fait face à de nombreuses difficultés et démissions depuis des semaines, notamment pour des « dérives importantes » au sein du comité.

« On avait du mal à se faire entendre, mais cette désorganisation nous aide beaucoup », sourit Stéphane Faure-Brac, du Collectif citoyen JOP 2030. Avant de continuer, plus grave : « L’impact environnemental de ces Jeux 2030 saute aux yeux, particulièrement à Briançon, où tout doit être construit. L’endettement est aussi une source d’inquiétude, avec des coûts qui vont se reporter sur les collectivités. Même les commerces sont inquiets, car les stations vont être en travaux pendant près de quatre ans. »

« Dire qu’on ne peut rien faire, c’est faux »

En miroir aux difficultés d’organisation, les manifestants soulignent que ces Jeux 2030 peuvent encore être stoppés. Telle Béatrice, 77 ans, qui pousse son vélo depuis le début de la manifestation : « Pour que ça s’arrête, il faudrait qu’on montre davantage encore qu’on n’est pas d’accord avec ces Jeux. D’autant qu’il y aura forcément quelques événements climatiques qui remettront en cause ce projet. » Comme la fonte des neiges, qui nécessite de plus en plus d’investissement dans la production de neige artificielle.

Devant la vasque, les prises de parole d’élus La France insoumise et Écologistes présents et de militants s’enchaînent. Et s’achève par le discours d’activistes qui se sont opposés avec succès à la construction d’une retenue d’eau à La Clusaz, pour alimenter les canons à neige, et qui souhaitent rester anonymes. « Le discours dominant, c’est de dire qu’on ne peut rien faire contre des Jeux qui ont été décidés par deux personnes dans un bureau. C’est faux. La première étape, c’est d’y croire. » La prochaine manifestation est déjà fixée au 28 février, à Briançon.

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