L’industrie du thon coupable de mensonges et d’opacité, selon Bloom
Le manque de traçabilité des thons conduit à la surpêche. - CCNull/CC-BY 2.0/Marco Verch
Le manque de traçabilité des thons conduit à la surpêche. - CCNull/CC-BY 2.0/Marco Verch
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« Une véritable boîte noire. » Derrière le thon en boîte se cache un système d’une opacité totale, selon Bloom. L’ONG de défense des océans a enquêté au cœur de l’industrie de la pêche au thon et en dénonce les dessous dans deux rapports cinglants intitulés Du paradis à l’abîme et La boîte noire du thon, publiés le 6 mai. Passe-droits douaniers injustifiés, pratiques obscures et mensongères, évitement fiscal, pêche illégale, surpêche... Les griefs n’en finissent plus.
Dans le premier rapport, l’association dénonce « les mensonges installés sciemment par les industriels dans l’espace public » autour de l’une des principales méthodes utilisées pour pêcher le thon de la pêche, à savoir la senne tournante et coulissante associée à l’utilisation de « dispositifs de concentration de poissons » (DCP).
« Contrairement aux affirmations des industriels, la pêche à la senne tournante est tout sauf durable », déclare Augustin Lafond, chercheur chez Bloom et auteur du rapport. Cette pêche s’avère trois fois plus polluante que la pêche à la canne pratiquée aux Maldives, beaucoup plus sélective. Elle génère trente fois moins d’emplois et sa rentabilité repose « uniquement sur l’octroi par l’Union européenne d’un large éventail de subventions et d’avantages fiscaux ».
Un manque de traçabilité qui conduit à la surpêche
Le second rapport s’attaque à la complexité et l’opacité du commerce du thon dont le centre névralgique se situe dans l’archipel des Seychelles. La quasi-totalité des captures européennes dans l’océan Indien transitent par là. Or, « une écrasante partie du thon échangé aux Seychelles n’est pas référencée dans les statistiques de commerce international, révèle Bloom. Les industriels européens eux-mêmes avouent ne pas savoir ce qu’ils pêchent exactement et se rendent coupables de mauvaises déclarations ». Un manque de traçabilité qui conduit directement à la surpêche.
Pourtant, l’Union européenne s’apprête à permettre au port des Seychelles de bénéficier d’une réglementation encore plus affaiblie que l’actuelle, dénonce l’association écologiste.