La Grande Barrière de corail n’a jamais autant souffert du blanchissement
La Grande Barrière de corail a connu, entre août 2024 et mai 2025, « le plus important déclin annuel » de sa couverture corallienne. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Ayanadak123
La Grande Barrière de corail a connu, entre août 2024 et mai 2025, « le plus important déclin annuel » de sa couverture corallienne. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Ayanadak123
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« La plus grande structure vivante au monde », longue de 2 300 km et vieille de 18 millions d’années, souffre comme rarement elle n’a souffert de son existence. La Grande Barrière de corail a connu, entre août 2024 et mai 2025, « le plus important déclin annuel » de sa couverture corallienne depuis le début des observations il y a près de quarante ans, selon un rapport du gouvernement australien publié le 5 août. Son blanchissement n’a jamais été aussi étendu, soulignent les scientifiques, qui ont étudié la santé de 124 récifs de la Grande Barrière. La quasi-totalité des récifs a été touchée.
Le changement climatique, responsable de températures océaniques élevées en 2024, est le principal responsable. Les niveaux de stress thermique enregistrés ont été « sans précédent ». Les branches sud et nord du récif ont subi le « plus gros déclin annuel » de leur couverture corallienne jamais enregistré.
Le corail est un superorganisme animal, composé d’individus (« polypes ») solitaires ou regroupés sous forme de colonie. Ces polypes vivent en symbiose avec des algues microscopiques, les « zooxanthelles », qui apportent à leur hôte les éléments nutritifs dont il a besoin pour vivre, via la photosynthèse. Ce sont elles qui donnent au corail sa couleur. Lorsque la température de l’eau augmente, les polypes expulsent les zooxanthelles, ce qui provoque le blanchissement du corail.
Le rapport pointe également le rôle des cyclones tropicaux qui ont frappé la région à cette période, et des invasions d’étoiles de mer couronne d’épines, une espèce qui se nourrit de corail.
Il s’agit du cinquième blanchissement massif de la Grande Barrière de corail depuis 2016. Et c’est la deuxième fois en dix ans que le récif subit un blanchissement massif pendant deux années consécutives, souligne dans un communiqué la biologiste marine Selina Stead. « L’avenir des récifs coralliens du monde dépend d’une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre, de la gestion des pressions locales et régionales, et de l’élaboration d’approches visant à aider les récifs à s’adapter et à se remettre des effets du changement climatique et d’autres menaces. »