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En brefNucléaire

La centrale nucléaire de Tchernobyl déconnectée plusieurs heures du réseau électrique

L'enceinte de confinement contenant les radiations provenant des vestiges du réacteur n°4 de l'ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl, le 22 décembre 2025.

Mise à jour du 20 janvier 2026 — La centrale nucléaire de Tchernobyl a été reconnectée au réseau électrique dans l’après-midi du 20 janvier, d’après son directeur, Serguii Tarakanov, dans une annonce relayée à 16 h 32 par l’AFP.


« La centrale de Tchernobyl a perdu toute alimentation externe et les lignes électriques vers d’autres centrales nucléaires ont également été affectées », a annoncé le 20 janvier, à 11 h 42, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « L’AIEA suit activement l’évolution de la situation afin d’évaluer l’impact sur la sûreté nucléaire », a ajouté son directeur général, Rafael Grossi.

Cette coupure d’alimentation intervient dans le cadre d’attaques russes intenses menées ces derniers jours contre les infrastructures énergétiques de l’Ukraine dans le cadre de la guerre d’invasion qu’elle mène dans ce pays. Des milliers d’immeubles d’habitations à Kiev sont privés de chauffage et d’électricité alors même que le pays affronte une forte vague de froid.

Ce n’est pas la première fois que la centrale nucléaire de Tchernobyl, accidentée depuis 1986, est dangereusement touchée par la guerre en cours. La centrale avait connu une rupture d’électricité dès 2022, et un drone russe avait gravement endommagé, en février 2025, l’arche de confinement installée pour éviter la dispersion des particules radioactives provenant du réacteur qui a explosé en 1986 lors de la catastrophe nucléaire.

Cette situation fait peser un risque majeur sur la sûreté nucléaire, alors que quelque 20 000 assemblages de combustibles nucléaires entreposés sur site dans des piscines ont besoin d’être constamment refroidis pour éviter l’accident.

Pour rappel, une fois extraits de la cuve du réacteur, les assemblages de combustibles usés continuent à dégager une forte chaleur pendant des années. Laquelle doit être absolument évacuée, pour éviter que les combustibles ne surchauffent, ne fondent et ne produisent un accident nucléaire. « [Ce refroidissement] n’est possible que s’il y a de l’électricité, expliquait l’énergéticien en 2022. Si ce n’est pas le cas, les pompes ne refroidiront pas. En conséquence, la température dans les bassins de rétention augmentera et des substances radioactives seront libérées dans l’environnement. »

Le risque de rupture d’approvisionnement en électricité d’un site nucléaire à cause de la guerre inquiète des experts de l’énergie nucléaire. Interrogée par Reporterre en 2022, la directrice générale adjointe de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) Karine Herviou a néanmoins relativisé le danger pour Tchernobyl : « Il reste là-bas quatre réacteurs de type RBMK [réacteurs de grande puissance à tubes de force], tous arrêtés, et quelque 20 000 assemblages de combustibles relativement froids entreposés dans des piscines. En cas de perte de refroidissement, l’eau mettrait beaucoup de temps à se réchauffer et ne dépasserait pas 60 °C, mais cela reste un enjeu local. »

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