La fermeture du Marineland d’Antibes laisse 4 000 animaux sans solution
Quatre dauphins vont être placés dans un sanctuaire en Italie, mais le destin de la plupart des autres animaux reste incertain. - Flickr / CC BY 2.0 / John Clift
Quatre dauphins vont être placés dans un sanctuaire en Italie, mais le destin de la plupart des autres animaux reste incertain. - Flickr / CC BY 2.0 / John Clift
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Moins médiatisés que les deux orques encore en captivité dans le parc désormais fermé, 4 000 animaux doivent trouver un refuge. Leur situation reste floue, alors que seules quelques solutions ont été trouvées.
C’est la fin du spectacle. Après cinquante-cinq ans d’existence, le Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes), le plus grand parc marin d’Europe, a fermé ses portes, dimanche 5 janvier. Une fermeture liée à une baisse drastique de la fréquentation du site et à la loi de 2021 qui interdit les spectacles et la détention des cétacés à partir du 1er décembre 2026 sur le territoire.
L’avenir des deux dernières orques du parc, Wikie et Keijo, demeure incertain. Plusieurs options sont envisagées, comme un transfert vers un parc aux îles Canaries ou vers un sanctuaire au Canada, après le refus de la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, de les envoyer au Japon, « car il n’y a pas au Japon de règles aussi poussées qu’en Europe sur le bien-être animal », a-t-elle déclaré au Parisien.
Le sort des 4 000 autres animaux est encore plus flou. Car, en plus des deux orques, le site doit trouver un refuge pour les douze dauphins ainsi que pour les requins, manchots, otaries, phoques, loutres, tortues, flamands roses, poissons et coraux qui vivent au sein du Marineland d’Antibes.
Contacté, le parc précise que l’objectif prioritaire est de « relocaliser l’ensemble de ses animaux dans les meilleures structures existantes ». Ces animaux seront « envoyés dans des parcs zoologiques ou des réserves qui ont les mêmes conditions d’accueil que le Marineland d’Antibes ». Où précisément ? « Il est trop tôt pour le savoir, c’est une relocalisation colossale qui prendra des mois, répond le parc. Leur transfert devrait être plus simple que pour les deux orques Wikie et Keijo, mais une chose est sûre, aucun animal ne sera euthanasié. »
« Les parcs aquatiques européens n’ont plus de place pour accueillir les dauphins, ils sont tous bondés »
Concernant les dauphins, « ça va être très compliqué de les recaser comme pour les orques, prédit Christine Grandjean, présidente de l’association de protection des animaux marins C’est assez !. Aujourd’hui les parcs aquatiques européens n’ont plus de place pour accueillir les dauphins, ils sont tous bondés. » Surtout, le Conseil d’État a réaffirmé le 31 décembre que l’administration ne peut pas autoriser l’exportation des cétacés s’ils risquent d’être utilisés à des fins commerciales. « Ce sera très compliqué de prouver que l’activité principale de ces delphinariums n’est pas le spectacle », estime Christine Grandjean.
Pour l’association C’est assez !, l’unique solution réside dans le futur sanctuaire de Tarente, dans le sud de l’Italie. « Nous avons visité ce sanctuaire en construction, c’est le premier du genre en Europe, il pourrait accueillir quatre dauphins femelles à partir du mois de juillet, précise Christine Grandjean. Ce ne sera pas un centre de détention pour animaux à des fins exclusivement économiques, mais un lieu où les cétacés réapprendront à vivre en douceur après avoir été privés si longtemps de liberté. » Et pour le reste des dauphins ? « On ne sait pas, mais c’est déjà quatre cétacés de sauvés ».
Autre interrogation, cette fois pour les requins : « Ce sont des animaux qui ne supportent pas la vie en captivité et qui doivent nager en continu pour respirer, c’est très compliqué de les maintenir en vie », ajoute Christine Grandjean.
« Rien n’a été anticipé pour ces animaux, alors que l’on savait que Marineland allait fermer »
Seule certitude, « ces transferts vont prendre plusieurs mois et, en attendant, Marineland va devoir devenir un sanctuaire provisoire. Sauf que nourrir tous ces animaux coûte beaucoup d’argent. L’État va probablement devoir mettre de la main à la poche ». Cette solution n’est pas celle qu’avait appelée de ses vœux l’association. « On ne se réjouit pas de la fermeture du parc, dit Christine Grandjean. On avait demandé à ce que Marineland reste ouvert le temps de trouver des solutions alternatives. Là, on se retrouve avec des milliers d’animaux à recaser. »
« Rien n’a été anticipé pour ces animaux, alors que l’on savait que Marineland allait fermer », abonde Muriel Arnal, présidente fondatrice de l’association de protection des animaux One Voice. Selon ses informations, deux phoques et quatre otaries sont partis début novembre direction le zoo de Madrid. « Nos équipes ont filmé leur départ, mais pour le reste, on ne sait pas quelle sera la destination de tous les autres animaux ».
Muriel Arnal redoute que, si aucune solution satisfaisante n’est trouvée pour les orques, symboles du parc et point de départ de la médiatisation de l’affaire, « il soit très difficile d’aider les autres, qui ont moins d’attention de la part du public ».