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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Jardin sans pétrole

La fougère aigle, paillage nourrissant et protecteur des fraises

Les fougères aigles ont poussé dans les sous-bois proches du Jardin sans pétrol. Elles sont bien utiles pour pailler les fraisiers et les prémunir contre « Botrytis cinerea », un champignon redoutable.

On est descendu du RER avec nos bicyclettes sous la pluie, et les nuages gris anthracite sur nos têtes n’avaient rien de réconfortant. Mais le temps d’un café au bar de la gare, l’averse avait poursuivi au loin sa route céleste, laissant derrière elle un paysage éclatant de couleurs sous les rayons du soleil revenu.
Aujourd’hui, les fougères aigles déploient leurs feuilles vert tendre dans le sous-bois. Ce n’est pas encore la marée, mais nous pouvons en ramasser quelques brassées pour couvrir le sol autour des fraisiers. C’est un paillage efficace et nourrissant pour la terre, car riche en silice, azote, potassium et phosphore. La plante contient aussi du cyanure, qui empoisonne les limaces aventureuses.

Le paillage des fraisiers avec des fougères aigle.

Enfin, la fougère aigle protège les fraises de la « pourriture grise », une maladie cryptogamique causée par un champignon à la fois polyphage et saprophyte. Polyphage, parce qu’il affectionne toutes sortes de plantes sauvages ou cultivées et saprophyte, car la matière organique morte, en décomposition, lui convient également. Autant dire qu’il se développe très facilement dès que la chaleur et l’humidité sont là !

Une fraise atteinte par la « pourriture grise ».

Christiaan Hendrik Persoon, botaniste parisien d’origine sud-africaine, né au milieu du XVIIIe siècle, l’a découvert dans les vignes où ils causent sur le raisin le meilleur comme le pire ! Il est à la fois à l’origine de la « pourriture noble » qui permet d’obtenir certains vins liquoreux comme le sauternes ou le tokay que de la « pourriture grise » capable de ruiner une récolte en quelques semaines. Aussi, notre pionnier de la mycologie l’a-t-il décrit en 1794 et nommé Botrytis cinerea. Un nom forgé à partir du grec botrus (« grappe de raisin ») et du suffixe néolatin -itis indiquant les maladies. Quant à l’épithète cinerea, il vient du latin cinis, eris « cendre », il évoque la couleur cendrée de ses spores. Même si vous ne jardinez jamais, ce champignon n’a pas pu vous échapper. Il colonise les citrons, les oranges, les tomates et, bien sûr, les fraises distraitement oubliées dans le plat à fruit.

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