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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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En bref — Notre-Dame-des-Landes

La journée de négociation des terres de la Zad : entre tension et apaisement

« La préfète a laissé la porte-ouverte a de nouveaux projets agricoles sur la Zad », raconte à Reporterre Sylvain Fresneau, agriculteur membre de l’Adeca (Association des exploitants contre l’aéroport), à l’issue de la première réunion du comité de pilotage sur l’avenir des terres agricoles de la Zad. Elle avait lieu hier, lundi 19 mars, à la préfecture de Loire-Atlantique.

La réunion a rassemblé les élus concernés, les syndicats agricoles, la chambre d’agriculture, et plusieurs associations : celle des quatre exploitants historiques qui sont restés malgré les expulsions (Adeca), celle des riverains opposés à l’aéroport (Acipa) et une nouvelle association d’exploitants agricoles ayant cédé leurs terres à l’amiable à Vinci ou à département mais demandant à les récupérer, Amelaza.

Nicole Klein, la préfète, « a dit qu’il y avait la place pour plusieurs formes d’agricultures en Loire-Atlantique », raconte Sylvain Fresneau. Autrement dit, il serait possible d’imaginer des formes d’expérimentations agricoles telles que celles proposées par les zadistes qui habitent et cultivent sur la zone et aimeraient rester.

« Elle a aussi indiqué qu’il n’y aurait pas plus de contraintes pour l’installation que dans le reste du département », se satisfait également l’agriculteur. La chambre d’agriculture envisageait une vigilance particulière et des critères plus exigeants pour les installations sur la Zad.

En revanche, M. Fresneau indique avoir été déçu de la position de la chambre d’agriculture et de l’association d’exploitants Amelaza, « qui se sont uniquement focalisés sur les zones de conflit », c’est-à-dire les terres vendues par les agriculteurs au département ou à AGO Vinci, mais que les exploitants ont pu continuer à cultiver via des baux précaires, et récupérées par les zadistes pour y installer des cultures. Cela représenterait environ 90 hectares, peut-être moins. Afin de résoudre ces conflits, un état des lieux des terres de la Zad devrait être effectué dans les mois qui viennent. Les quatre agriculteurs de l’Adeca, qui sont restés toutes ces années sur la zone malgré les menaces d’expulsion, devraient pouvoir signer prochainement des conventions d’occupation précaire, afin de rentrer dans la légalité, dans l’attente de la rétrocession pérenne de leurs terres.

La prochaine réunion de ce comité de pilotage devrait avoir lieu début juin.

En parallèle de cette réunion avait lieu un rassemblement devant la préfecture, à l’appel d’une partie du mouvement des opposants à l’aéroport. Selon Ouest France, étaient présents sur place essentiellement des paysans du collectif Copain 44 et des habitants de la Zad. « Des moutons, des tracteurs, une vache et un veau étaient installés. Un grand triton a même été dressé sur le site », rapporte le quotidien. Il s’agissait de mettre la pression sur des négociations où les habitants de la Zad n’ont pas été invités.

Ce rassemblement ne faisait pas l’unanimité parmi le mouvement anti-aéroport. « La préfète est plutôt de bonne composition et semble ne pas vouloir céder à des revanchards qui soutenaient l’aéroport, tel que le président du conseil départemental », indique à Reporterre Françoise Verchère, du Cedpa, l’association des élus s’opposant à l’aéroport. Celle-ci était ne soutenait pas ce rassemblement, qui lui semble ne pas soutenir la préfète dans la recherche d’une « solution pacifiée ».

Par ailleurs, le collectif d’élus s’inquiète de dégradations survenues sur la « route des chicanes » cette semaine. L’enrobé a été détruit en plusieurs endroits, le chantier a dû être stoppé. « À cause d’une poignée d’individus, les forces de l’ordre sont venues sur le chantier et ont donc pénétré sur la Zad, alors que nous avions promis que ce ne serait pas nécessaire. On perd en crédibilité. Si une grande partie des habitants de la Zad condamnent ces exactions, ils n’arrivent pas encore à condamner ceux qui les font, regrette Françoise Verchère. En revanche, nous sommes tout à fait prêts à soutenir ceux qui veulent rester sur la Zad pacifiquement ».

Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, a rencontré ce mardi après-midi le président de la chambre d’agriculture et une délégation des habitants de la Zad.

  • Photo : Sébastien Lecornu rencontre des opposants au projet d’aéroport (@SebLecornu)

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