La pêche au saumon atlantique encore interdite en France en 2026
Un saumon atlantique, dans les mains d'un agent étasunien. - CC BY 2.0 / Greg Thompson / USFWS
Un saumon atlantique, dans les mains d'un agent étasunien. - CC BY 2.0 / Greg Thompson / USFWS
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Les pêcheurs peuvent à nouveau taquiner le poisson de rivière, depuis l’ouverture de la pêche samedi 14 mars. Mais pour la deuxième année consécutive, la pêche au saumon atlantique sauvage (Salmo salar) sera interdite en France en 2026. Ce, pour donner un peu de répit à cette espèce de poisson migrateur, au bord de l’extinction dans nos cours d’eau. Il a déjà disparu de tous les grands fleuves français, à l’exception de l’Allier, affluent de la Loire, qui héberge encore une maigre population.
Aujourd’hui, il n’en reste que quelques milliers de spécimens, répartis entre plusieurs cours d’eau du golfe de Gascogne — principalement le bassin de l’Adour — ainsi que dans des fleuves côtiers de l’ouest de la Bretagne et de la Normandie. Son déclin s’est encore accéléré depuis le début des années 2020.
La faute au changement climatique qui réchauffe les cours d’eau, alors que ce poisson migrateur, qui vit dans l’océan Atlantique et remonte nos cours d’eau pour se reproduire, est à l’aise dans une eau entre 7,5 °C et 13,5 °C. Au-dessus de 20 °C, il cesse tout mouvement migratoire selon le WWF, et sa mort survient au-delà de 25 °C.
En outre, la construction de barrages et d’obstacles sur les cours d’eau freine sa migration et l’empêche d’atteindre sa zone de reproduction. En cela, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement souligne que la décarbonation de notre énergie peut paradoxalement nuire à l’espèce : « La production d’électricité décarbonée (d’origine hydraulique, mais aussi nucléaire) est aujourd’hui promue, alors qu’elle nuit directement (de par les obstacles, mais également les changements de températures) à la libre circulation des poissons en rivière. »
L’association Eau et Rivières Bretagne pointe également la responsabilité des pollutions et de la surpêche de ses proies en mer dans le déclin de l’espèce.