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En brefPêche

La pêche au thon génère des centaines de milliers de tonnes de déchets plastiques

Un dispositif de concentration des poissons échoué sur une plage des Caraïbes.

La pêche au thon a des répercussions bien plus importantes que ce que l’on pensait. Dans le cadre d’une étude publiée le 7 mai dans la revue Science Advances, des chercheurs ont étudié l’empreinte des « dispositifs de concentration des poissons » (DCP), des radeaux dérivants très utilisés par l’industrie thonière.

Ces dispositifs, qui permettent aux pêcheurs d’agréger des dizaines de tonnes de thons au même endroit, sont une véritable catastrophe pour l’environnement. Comme l’expliquait Reporterre en 2023, ils sont responsables de la capture « accidentelle » de nombreux poissons juvéniles et d’espèces sensibles. Une fois utilisés, ils sont souvent abandonnés dans l’océan : 225 720 tonnes de débris plastiques auraient été générées par ces dispositifs entre 2016 et 2019.

37 % de la surface des océans

Les auteurs de cette étude estiment que 1,41 million de DCP ont été largués par l’industrie thonière entre 2007 et 2021. Ces radeaux ont dérivé, selon eux, sur au moins 134 millions de kilomètres carrés, soit 37 % de la surface des océans. Les DCP perdus se sont échoués sur les plages de pas moins de 104 juridictions maritimes, contribuant à la pollution côtière et endommageant des habitats sensibles. La Polynésie française, la Somalie et les Seychelles ont été tout particulièrement abîmées par ces déchets.

« Nos résultats démontrent que l’empreinte environnementale cumulée des DCP va bien au-delà des zones de pêche au thon et qu’elle n’est pas suffisamment atténuée à l’échelle mondiale », écrivent les scientifiques.

Les DCP sont loin d’être le seul problème environnemental posé par la pêche au thon. En octobre 2024, une enquête de l’ONG Bloom a révélé que le thon en conserve était largement contaminé au mercure. « Au lieu de prendre leurs responsabilités », la grande distribution et l’industrie ont mis en place une stratégie « pour soutenir les ventes de thon coûte que coûte », dénonce l’ONG. Petit Navire a lancé une gamme de thon en sachet, tandis que Carrefour est allé jusqu’à mettre en avant les conserves de thon pour les personnes cherchant à acheter du maïs ou du concombre sur son site, une pratique « exhortant les plus précaires à acheter des produits hautement contaminés ».

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