La police a expulsé les mineurs isolés occupant la Gaîté lyrique, à Paris
Dès 6 heures du matin, la Gaîté lyrique, occupée depuis trois mois par 450 mineurs isolés, a été expulsée par les forces de police. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
Dès 6 heures du matin, la Gaîté lyrique, occupée depuis trois mois par 450 mineurs isolés, a été expulsée par les forces de police. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
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L’expulsion des mineurs isolés occupant la Gaîté lyrique depuis plus de trois mois s’est déroulée mardi 18 mars à Paris dans un climat tendu. Ces personnes migrantes réclament un hébergement digne et stable, alors que les pouvoirs publics peinent à leur proposer des solutions pérennes.
Peu avant 6 heures, les forces de l’ordre ont délogé les occupants en forçant un cordon de soutien formé par des militants et des citoyens solidaires. Dans la confusion, des jeunes ont dû quitter le bâtiment avec leurs affaires personnelles, certains sous le choc. Vers 8 h 30, la préfecture a déclaré l’expulsion terminée, mais la tension est montée d’un cran lorsque les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants encore présents, provoquant un mouvement de panique. Plusieurs personnes sont tombées et ont été blessées.
Le préfet de police, Laurent Nuñez, a annoncé 46 interpellations, dont une pour « outrage et rébellion ». Des témoins ont décrit une intervention violente, tandis que la députée écologiste Danielle Simonnet a dénoncé des coups portés à des jeunes qui rassemblaient leurs affaires.
Absence de réponse durable à leur situation précaire
Des agents de l’hébergement d’urgence étaient présents, mais les solutions proposées, souvent temporaires et éloignées de Paris, ont été massivement refusées. « La solution n’est pas de nous déplacer ailleurs », a rappelé le Collectif des jeunes du parc de Belleville dans un communiqué, pointant l’absence de réponses durables à leur situation précaire.
Les associations écologistes Youth for Climate Paris, Extinction Rebellion Paris, ou encore le collectif Vietnam Dioxine, avaient appelé à soutenir « massivement » l’occupation, la Gaîté lyrique étant devenue, pour elles, « le symbole, en France et à l’international, de la lutte des mineur-e-s isolé-e-s pour leurs droits les plus élémentaires ».
Le tribunal administratif avait ordonné l’expulsion en février, invoquant des risques d’incendie et de promiscuité. Mais pour de nombreux militants et observateurs, cette expulsion est surtout une nouvelle preuve de l’inaction des pouvoirs publics face à la crise de l’accueil des exilés en France.